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Hygiène générale et appliquée, 16 septembre

femme R... reçut de Toulon une malle qui appartenait à un parent. Celui-ci ayant perdu sa fille du choléra et voulant soustraire quelques-uns de ses effets à l’incinération les avait mis dans une malle et les avait envoyés à la Couche. La femme R... ouvrit la malle, mania les effets et fut atteinte de choléra foudroyant. Son mari succomba après elle, et ce fut le point de départ d’une sérieuse épidémie. »

On pourrait étendre cette liste. Les maladies vénériennes, cutanées, se propagent souvent par les effets. La contagion de certaines maladies à incubation lente et irrégulière se produit aussi. Dans l’ancien royaume de Naples, les habits étaient compris dans les objets qui devaient être brulés au décès des phtysiques.

Il importe donc d'organiser énergiquement la prophylaxie de la transmission des maladies contagieuses par cette voie.

Indépendamment de ces mesures générales de préservation qui doivent être prises dans tous les cas, il importe d’adopter la désinfection à chaque genre de maladie. Les conditions dans lesquelles elle doit s'exercer différent, en effet, suivant le « mode de transmission des germes, la matière, les objets ou locaux susceptibles de produire la contamination ».

La science nous a montré que les déjections du malade propagent la typhoïde et la dysenterie, que les sécrétions des voies respiratoires contiennent les germes de la scarlarine, de la rougeole, de la diphtérie de la tuberculose pulmonaire. La prophylaxie doit donc varier suivant le mode d'infection, et poursuivre le vecteur du mal. Elle doit être essentiellement scientifique.

Elle ne peut donc être menée à bien que là où le service de désinfection fonctionne de façon parfaite. Pour arriver à ce résultat, il ne suffit pas d’organiser des postes, de les munir d'appareils perfectionnés. Le fonctionnement du service dépend de ses agents d'exécution. Tant valent les hommes, tant vaudra la désinfection, a dit le D' Thierry. Or, ce n’est pas avec des aubergistes, des concierges de mairie, des cordonniers que l’on peut arriver à un résultat. Il faut spécialiser un personnel.

Alors, la désinfection fonctionnera de façon effective et efficace. Les médecins sauront qu'ils peuvent y faire appel, et l'opinion publique lui accordera confiance.

Le législateur a donné au préfet un très large pouvoir d'intervention, mais en fait, le préfet n’est pas secondé. Le plus souvent, le membre du conseil départemental qu'il désigne pour contrôler les services de désinfection reste inactif. Pour assurer la bonne marche du service, il faut en confier la haute

main à un fonctionnaire autorisé tel que l’inspecteur départemental d'hygiène.

C'est un inspecteur départemental d'hygiène, M. Courmont, qui a créé dans le département du Rhône, un service modèle : Peu de postes, mais bien placés ; des équipes stylées qui, au reçu de la déclaration, interviennent automatiquement; des modes de transport rapides amènent les désinfectants, les objets nécessaires, sceaux bassines, sacs à linge. Il est des cas où le chef de poste est revenu huit ou dix fois au cours d’une même maladie. Les médecins du Rhône ont été tellement satisfaits du service que les déclarations (Lyon non compris) sont montées de 400 à 1200.

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