‹ Du Rôle de L'Administration En Matière de Prophylaxie des Maladies ÉpidémiquesChapitre 44 sur 54 · M. Faivre, rapporteur · texte numérisé non relu

M. Faivre, rapporteur

magne, au Danemark, en Hollande, en Suède, en Norvège, ils avaient vu des hôpitaux admirablement organisés selon les exigences de la science, et ils appelaient de leurs vœux la renaissance hospitalière.

La France a eu la gloire d’ouvrir les premiers asiles à la souffrance : l’'Hôtel-Dieu de Reims, l’ancien l'hôpital Saint-Eloi de Montpellier, l’Hôtel-Dieu d'Angers, etc.

La réforme des hôpitaux était entrevue et étudiée dès 1772, époque où Leroy défendait le premier le principe des pavillons séparés. A l’heure actuelle, nous en sommes réduits à chercher des modèles à l'étranger !

I] faut remanier nos hôpitaux qui sont bâtis suivant un mode archaïque. Médecins et chirurgiens doivent prêter leur concours aux architectes pour les aider « à modeler nos institutions hospitalières sur les formes nouvelles de la science médicale et de la science chirurgicale ». Pratiqué dans des salles réservées dans un service général, l'isolement ne donne que de médiocres résultats. Il faut surtout viser la création de pavillons distincts, spécialement aménagés. À Paris, à l'hôpital Pasteur, les pavillons sont organisés de façon parfaite ; l'isolement individuel y est complètement appliqué. De 1900 à 1906 5.000 malades y ont été hospitalisés : les cas de contagion intérieure n’ont pas atteint 2 0/00. La morta-

lité dans les hôpitaux ordinaires est de 120/0 ; elle n’a été à l'hôpital Pasteur que de 3 o/o à peine.

Il faut prévoir l'isolement non seulement pour les malades atteints de maladies obligatoirement déclarables, mais pour les phtysiques, les tuberculeux. Tous les ans, on jette le cri d'alarme: on dénonce le chiffre formidable de 100.000 décès que nous coûte la «grande faucheuse»; des sociétés, des ligues anti-tuberculeuses se forment partout. Il y a un mouvement admirable de bonnes volontés privées.. l'administration reste en arrière; et nous lisons dans le rapport de l'Inspection des services administratifs de 1909 : « L’isolement des tuberculeux est encore beaucoup plus insuffisamment assuré que celui des contagieux, et dans les cas où il est réalisé, les mesures n’ontle plus souvent pour objet que de préserver très incomplètement les autres hospitalisés sans mettre les tuberculeux dans des conditions propres à améliorer leur état. »

Actuellement, 40 0/0 des tuberculeux sont hospitalisés dans les salles au milieu des autres malades. C’est une détestable pratique. Dans les hôpitaux à construire, il faudra leur réserver un quartier spécial et complètement séparé. M. Bourgeois a indiqué qu'ils devaient être « situés, orientés, outillés en vue de la véritable cure ». La maladie évolue lentement, le séjour du malade peut se prolonger. Il faut done, pour le bien traiter, un aménagement particulier.

Les futurs hôpitaux devront tous contenir des pièces d'isolement. Il ne faut pas faire entrer dansla salle commune une broncho-pneumonie qui serait fatale pour les vieillards hospitalisés, ni une typhoïde qui peut être le point de départ d’une épidémie.

Imitons les Allemands, les Anglais, les Suédois, les Norvégiens, les Américains ; isolons les contagieux et les tuberculeux! Nous sauverons des vies humaines.

« Je suis de plus en plus convaincu, disait tout récemment M. Courmont, à l’Académie de Médecine, que la base de la prophylaxie pour beaucoup de maladies infectieuses doit être l’isolement à l’hôpital (1). »

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