Faivre, Prophylaxie internationale
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de docteur en médecine. Il relève du ministère de l'Intérieur, et n’est nommé qu'après un examen spécial.
A bord, le rôle du médecin est capital. Il surveille l’état sanitaire du navire visite les locaux affectés aux équipages, et prend toutes les mesures prophylactiques propres à préserver des maladies pestilentielles. S'il remplit bien sa tâche, et si durant la traversée les conditions d’hygiène sont satisfaisantes, les mesures, au retour, se trouvent simplifiées. L'autorité sanitaire n'intervient plus « qu’à titre de contrôle et supplément de garantie. »
Le navire arrive dans un port de France ou d'Algérie. Il est, avant toute communication, reconnu par l’autorité sanitaire qui interroge le capitaine, le médecin, prend connaissance du registre de ce dernier et s'il y a lieu de la patente de santé qui relate l’état sanitaire du pays de provenance.
Le navire est-il notoirement exempt de suspicion, l'examen est sommaire : c’est la reconnaissance.
S'il est suspect, c’est l’agsaisonnement quientraîne, le cas échéant, l'inspection sanitaire et la visite médicale des passagers. Les passagers contaminés sont soumis à l’isolement ; les autres sont laissés libres, mais il leur est remis un passe-port sanitaire qu'ils doivent faire viser après avoir passé une visite médicale dans tous les centres qu’ils traversent ; ils sont, en outre, astreints à l'obligation d'indiquer les
localités où ils comptent se rendre. De la sorte, il est possible de suivre pendant un temps qui varie de cinq à dix jours leur état de santé, et d'éviter par là même la création d'un foyer d'infection.
Lorsque le navire se présente avec une patente brute (il a touché un port contaminé), l'autorité décide le régime auquel il doit être astreint selon qu’elle le considère comme indemne, suspect ou infecté.
Si le navire est jugé «infecté » les personnes autres que les malades sont soumises à une observation; la durée en est variable selon l’état sanitaire du navire et la date du dernier cas; elle ne peut dépasser cinq jours pour le choléra, sept jours pour la fièvre jaune, et dix jours pour la peste après le débarquement.
Telles sont, dans leurs grandes lignes les mesures de prophylaxie prévues par le décret de 1896; elles constituent un mode de défense rationnel et qui, à un point de vue général, servent toujours de base à la protection de noire territoire. Cependant, prises en elles-mêmes, ces dispositions sont insuffisantes. Au cours du siècle dernier, le développement intense des moyens de transport à donné aux relations commerciales et financières un caractère de plus en plus international; la navigation maritime a pris une extension énorme. Les distances ont été, de la sorte rapprochées. & Il n’y a plus 12.000 ou 15.000 kilomètres entre Paris et Pékin, a pu dire M. André
Lefèvre, mais douze ou quinze jours de voyage ce qui n’est plus du tout la même chose. » De ce fait les occasions de contagion augmentent, les maladies exotiques sont véhiculées sur les mers d'Europe, elles sont apportées par chemin de fer. Leur menace est grandissante.
Et la solidarité apparaît plus grande entre nations au point de vue sanitaire général. On se rend compte que de même qu’un malade peut contaminer les gens qui lapprochent et qu’une commune suffit pour incendier un territoire, le pays mal défendu, qui laisse pénétrer chez lui le choléra si la peste constitue un danger pour les pays qui l’entourent, que son manque de vigilance compromet la sécurité collective. Les États sentent donc le besoin de se réunir, de se coaliser pour opposer une barrière plus forte aux germes pestilentiels ; et, répondant à ce besoin; ce sont, à partir de la seconde moitié du xix° siècle, les conférences internationales.
Jusqu’en 1903, on peut diviser les conférences en deux groupes (1).
La première phase est exclusivement scientifique ; les gouvernements ne demandent aux conférences que des « conseils basés sur l'hygiène ». Elle va jus-
qu'en 1892.