Morod, La conférence de Paris
J. Humbert 2
La deuxième phase est en quelque sorte historique. Le mouvement d'opinion est nettement dessiné, le besoin d'entente s'affirme. Ce ne sont plus maintenant des résolutions sans suite ; les nations contractantes se lient entre elles par des accords positifs.
La conférence de Dresde de 1893, réunie pour étudier les mesures communes en vue de sauvegarder la santé publique en temps d’épidémie cholérique, décide que le gouvernement du pays contaminé doit notifier aux gouvernements étrangers l'existence et le champ du foyer d'infection, indiquer la date d'éclosion du choléra,sa marche, et envoyer chaque semaine, s’il y a lieu, des communications à ce sujet.
A Venise, en 1892 et à Paris en 1894, l’idée s'affirme que les mesures de prophylaxie sont d’autant plus efficaces qu'elles sont prises plus près du foyer d'infection. En ce sens les nations européennes se concertent en vue d’instituer un contrôle sur les navires venant des régions contaminées.
Le passage du canal de Suez est réglementé, une surveillance sanitaire organisée à Suez, aux sources de Moïse. M. Proust démontre à Paris, en 1904, le danger de la pénétration du choléra par le Golfe Persique et propose d'établir sur le littoral « une surveillance sérieuse, de préciser les autorités chargées d'appliquer les mesures, et de désigner des points où devraient être installés des postes
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sanitaires » (1) Puis, en 1895, la peste éclate à Hong- Kong, envahit les Indes, s'y installe, La surveillance du Golfe Persique et de la mer Rouge devient plus pressante.
Elle est reprise en 1897 par la Conférence de Venise qui envisage les disposilions applicables aux navires arrivant dans la mer Rouge et dans le canal de Suez.
Ce champ d'étude était trop vaste ; les délibérations arrêtées furent confuses. Les délégués s’en rendirent compte, et, avant de se séparer, ils votèrent à l’unanimité la motion suivante : &« La Conférence est d'avis qu’une commission technique internaüonale devrait être chargée à brève échéance de préparer un projet destiné à mettre en harmonie et à codifier les conventions sanitaires de Venise (1892), Dresde (1893), Paris (1894) et Venise (1893). »
Le gouvernement italien s’appuya sur cette délibération pour provoquer une nouvelle conférence ; il proposa qu’elle se tint à Paris pour rendre hommage àla France dont l'action en matière de prophylaxie internationale avait été marquante.
Après d’assez longs pourparlers, les propositions italiennes furent adoptées par presque toutes les nations eivilisées ; en 1851, douze étaient représentées