OBSERVATION III
(Asile de Bron. — Service de M. le professeur Pierret.)
Syphilis. — Paralysie générale. — Attaques épileptiformes et apoplectiformes.
(ES (Marie), trente-cinq ans, giletière. Entrée à l’Asile le 18 mars 1891.
Renseignements fournis par le mari:
Antécédents héréditaires. — Père mort il y a six ou sept ans, d’une pleurésie. Mère vivante; soixante ans. Traîne la jambe. Un frère et deux sœurs en bonne santé, mais nerveux.
Antécédents personnels. — Bonne santé habituelle, mais la malade a toujours été très nerveuse.
Réglée à quinze ans. Cessation des règles depuis le mois de septembre 1890, sans cause connue.
Syphilis il y a dix ans
Mariée, a eu une petite fille morte à six mois.
A eu beaucoup d’ennuis de toutes sortes; a travaillé beaucoup,
L’affection actuelle paraît avoir débuté au mois de mars 1890, par de l’affaiblissement de la mémoire.
Au mois d’août de la même année la malade aurait eu uné attaque apoplectiforme, avec aphasie transitoire. dE
. Cette attaque aurait été suivie un mois après de crises convul-
sives. Les troubles intellectuels et l’incohérence des idées se sont accentués depuis cette époque, c’est-à-dire septembre 1890. ”
Idées de satisfaction. La malade ne pense qu'à manger et à boire.
État actuel. — La malade ne se laisse examiner que très difficilement, ne se prétend pas malade et ne veut pas rester au lit.
Idées de satisfaction. Affaiblissement considérable de la mémoire et des facultés.
Calme.
La parole est traînante, embarrassée. Tremblement très marqué de la langue et des lèvres.
Voix nasonnée.
Inégalité pupillaire, la gauche est plus dilatée.
Chute de la paupière gauche.
Aux membres supérieurs, la force est diminuée également des deux côtés.
Tremblement très accentué des doigts des deux côtés.
Les membres inférieurs sont faibles, mais la malade marche encore avec facilité. Pas de signe de Romberg. ie
Réflexes rotuliens exagérés,
Réflexes plantaires normaux.
Sensibilité conservée au contact et à la douleur.
Rien au cœur.
Rien aux poumons.
Rien aux autres organes.
Urines : ni sucre, ni albumine.
Gâteuse. Température normale,
La malade perd ses cheveux. | ë
Plaques muqueuses sur les lèvres.
Papules sur le tronc:
Traitement mixte.
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L'observation n'indique rien de particulier dans l’état de la malade, jusqu’au mois de juin 1891.
La température, prise régulièrement matin et soir, RépRRe son entrée, oscille entre 37 et 38 degrés.
19 juin. — On note: crises épileptiformos sans autres détails.
La constipation est indiquée par les notes inscrites par l’infirmière sur la feuille de température. Lavement purgatif.
26 juin. — La malade revient à son état habituel.
2 août 1891. — Apparition des règles disparues depuis ün an.
Pas de changement dans l’état de la malade.
Pendant l’année 1892 on note deux fois des crises épileptiformes l’une en avril, l’autre en septembre, correspondant toutes deux à une période de constipation. Le traitement a été toujours un lavement purgatif et naphtol.
Le retour à l’état habituel a eu lieu dans les deux cas, trois ou quatre jours après.
On ne note plus de crises jusqu’au mois d'octobre 1893.
L'observation dit que la malade va et vient dans la cour, ne présentant rien de particulier. Elle mange toujours beaucoup.
Les fonctions digestives sont normales,
La malade va régulièrement à la selle, .à l’aide de lavements de glycérinés quotidiens comme on a l'habitude de le faire à toutes les paralytiques générales du service.
6 octobre, 5 heures 1/2 du soir. — L’infirmière remarque qu’en allant se mettre à table, la malade marche inclinée à droite. Au moment de s'asseoir, elle est tombée à la renverse.
Elle a présenté des crises pendant lesquelles, nous dit l’infirmière, les yeux étaient tournés, et les membres et la tête agités de secousses convulsives.
La malade a eu plusieurs selles liquides et horriblement fétides très abondantes, une véritable inondation, dit l'infirmière.
Au moment où nous voyons la malade, 6 heures, elle est dans un état comateux assez prononcé.
Décubitus dorsal, la tête légérement tournée à gauche, pas de déviation des yeux. Secousses convulsives dans les membres supérieurs. Tendance à la contracture, pas de paralysie.
SNS
Membres inférieurs.
Réflexes rotuliensexagérés des deux côtés, mais surtout à droite. Trépidation épileptoïde des deux côtés, plus manisfeste à droite.
Pincement de la peau, perçu gauche, non perçu à droite.
Pas de paralysie.
- Pouls régulier à 120.
Température 37°8.
Au moment où nous examinons la malade, nouvelle crise.
Secousses convulsives de la tête et des membres, commissure tirée à gauche,
Tête tournée à gauche.
Strabisme interne de l’œil droit.
Chute de la paupière gauche.
Mouvements convulsifs des paupières.
Le bras droit est en demi-flexion, les poignets fermes, le bras gauche en extension.
Les membres inférieurs en extension, les pieds en varus équin.
La crise a duré trente secondes et la malade est retombée dans le coma. On donne un lavement purgatif.
A 9 heures du soir, la malade avait pris six crises.
7 octobre. — Persistance de l’état comateux.
La malade n’a pas pris de crise depuis 5 heures du matin.
Pouls régulier à 100. Température 39 degrés.
8 octobre. — Pas de crise.
La malade sort peu à peu de son coma, ouvre les yeux, prononce quelques mots : oui, non. | - Mâchonnements, grincement des dents.
- 9 octobre. — L’amélioration persiste, la malade a pris du lait et du bouillon.
13 octobre. — La malade est revenue à son état antérieur.
On ne constate pas de paralysie bien nette, peut-être légère parésie du bras droit et de la jambe droite. #
La malade a repris son genre de vie habituel jusqu’au 19 avril 1894, où à la suite d’une constipation prolongée pendant quelques jours, la malade a été prise des mêmes phénomènes convulsifs et de vomissements.
| OAURUES
- Contractures du côté gauche, bras et jambe. Mai 1894. — Mêmes accidents.
Constipation.
La malade n’est du reste jamais allée à la selle sans lavement. Elle sort réclamée par son mari.