OBSERVATION VI
Paralysie générale. — Alcoolisme. — Attaques apoplectiformes et épileptiformes. — Constipation. — Attaque apoplectiforme. — Mort. — Autopsie.
G... Thérèse, femme P..., épicière, cinquante-neuf ans, entre à l’Asile le 2 septembre 1892, service de M. le professeur Pierret.
Pas d'antécédents héréditaires. — Père et mère morts très âgés.
Antécédents personnels. — Réglée à quinze ans régulièrement. Mariée à dix-huit ans, quatre enfants dont deux sont morts de convulsions.
Ménopause à quarante-cinq ans.
Pas de maladie antérieure.
Excès alcooliques, La malade tenait un comptoir et buvait presque un demi-litre d’arquebuse dans sa journée, à ce que dit son fils,
À eu dernièrement de nombreux soucis et des pertes d'argent.
L’affection actuelle paraît remonter à six mois. Depuis cette époque, la malade ne dort pas la nuit, se lève et se promène. Insouciante, vend à crédit à tort et à travers, perte de la mémoire.
Etat actuel. — Etat mental. — Idées de satisfaction. Excitable, Perte de la mémoire. Incohérence des idées.
Etat physique. — On observe de l’hésitation de la parole, quand la malade a parlé un peu longtemps.
Tremblement léger de la langue.
Irrégularité papillaire, la gauche est moins dilatée,
La démarche est facile.
Affaiblissement musculaire des membres supérieurs.
Tremblement des doigts.
La sensibilité paraît diminuée sur toute la surface du corps, à la piqûre, au contact, à la chaleur.
Réflexes rotuliens normaux.
Réflexes plantaires abolis.
La malade a des troubles gastriques fréquents.
Vomissements, pituite.
Le foie ne paraît pas augmenté de volume et n’est pas douloureux.
Ventre dur, douloureux au niveau de la fosse iliaque gauche; on sent l'intestin rempli de matières.
Rien aux poumons.
Urines claires, acides, on obtient par l’acide azotique un léger disque d’albumine,
15 septembre. — Depuis son entrée, l’état de la malade est sensiblement le même. Elle à des indigestions fréquentes. Etat saburral.
Constipation très tenace, elle ne va à la selle qu’à l’aide de lavements purgatifs.
Elle va et vient dans la cour, ne s’asseyant qu'aux heures des repas.
Appétit vorace. Mange gloutonnement.
La malade a beaucoup de soins de propreté pour sa personne.
Rien de particulier dans l’observation de la malade jusqu’au 2 octobre 1892.
2 octobre. — Après le repas du matin auquel elle avait mangé gloutonnement, la malade est allée dans la cour où, contrairement à ses habitudes, on l’atrouvée assise sur un banc, très pâle, essayant de se retenir avec les mains.
Les infirmières qui se sont approchées d’elle l'ont trouvée froide, ayant des frissons avec des claquements de dents.
Elle ne pouvait prononcer un seul mot, mais l'infirmière dit qu’elle avait l'air de comprendre ce qu’on lui disait.
Elle a été prise de vomissements bilieux et alimentaires et de diarrhée très fétide. Hoquets. Au bout de quelques minutes la malade a pu se lever et aller jusqu'à son lit, mais en traînant la jambe droite qu’elle tenait raide, ainsi que son bras droit plié. Température dix minutes après l'attaque, 36°8.
A la contre- visite du soir nous trouvons la malade dans le même état, ne pouvant dire un mot, mais tirant la langue quand on lui dit de le faire.