‹ Du rôle de l'auto-intoxication dans la genèse des attaques apoplectiformes et épileptiformes de la paralysie généraleChapitre 22 sur 27 · FAITS EXPÉRIMENTAUX · texte numérisé non relu

FAITS EXPÉRIMENTAUX

Note sur quelques phénomènes observés chez le chien, après l’ablation d’une portion du gyrus sigmoïde, par M. le D' Tripier.

(Revue mensuelle de Médecine et de Chirurgie, 1877.)

Expériences faites dans le laboratoire de M. le professeur Arloing, à l’école vétérinaire.

M.R. Tripier, publie cette note à l’occasion d’un malade atteint d'accidents pulmonaires et pris d’hémiplégie incomplète dans les mêmes parties qui avaient été quatre ans auparavant paralysées de la même manière, sans qu’on trouvât à l’autopsie pour expliquer ces deux attaques autre chose qu'une seule ancienne lésion.

Il signale plusieurs cas d’hémiplégies incomplètes plus ou moins améliorées, redevenues marquées sous l'influence de maladies intercurrentes, et d’hémiplégie complète survenue pendant la saignée chez des malades présentant des prodromes de paralysie.

Pour 1°. le professeur Tripier, ces phénomènes sont dus à une

action sur les points des centres nerveux, chargés de suppléer les parties lésées.

Il a fait dans le laboratoire de M. le professeur Arloing, les expériences suivantes :

Il a détruit sur des chiens, à l’aide d’une curette, une portion du gyrus sigmoïde, correspondant aux mouvements des membres du côté opposé.

La destruction a porté sur une épaisseur de 6 à 8 millimètres.

Les phénomènes observés sont : une paralysie incomplète des membres opposés; s’amendant notablement, mais ne guérissant pas.

Les symptômes se sont améliorés au point de faire croire à la guérison.

Il attend la guérison apparente, survenue chez deux chiens, chez l’un au bout de six mois, chez l’autre au bout de quatrevingt-dix-neuf jours.

Il a pratiqué des injections sous -cutanées de 4 à G centigrammes de morphine, chez son opéré de six mois.

Ces injections ont reproduit chaque fois, pendant quelques heures, les phénomènes de paralysie presque au même degré.

Il attribue ces phénomènes à l’action de la morphine sur la circulation et à l’action directe des substances toxiques sur les centres nerveux.

Il ajoute qu’on peut en tirer des déductions intéressantes au point de vue des localisations cérébrales, et de la question des suppléances fonctionnelles.

C’est à ces expériences que faisait allusion notre Maître M. le professeur Pierret, dans le passage que nous avons cité de la thèse de Bouvat, 1883, et c’est elles qui ont été la base de sa théorie des phénomènes du rappel.

UV

+ Expériences de MM. Raymond et Artaud.

Expérience I. — Sur un lapin adulte, nous arrachons le ganglion cervical gauche. Les jours suivants, dilatation considérable des vaisseaux de l'oreille. Au bout de cinq jours, les mouvements rythmiques des vaisseaux de l’oreille commencent à reparaître. A ce moment, nous faisons par la voie lombaire la ligature des hiles du rein.

Le lendemain, l'animal parut en bonne santé; trois jours après seulement, il commença à présenter un peu de dyspnée et de malaise. La sensibilité paraît amoindrie, et il réagit vivement sous l'influence des excitations.

Le soir du quatrième jour, la dyspnée augmente ; le lapin est couché sur le flanc, et il est haletant et ne peut selever.

Nous plaçons l'animal avec nous dans le laboratoire et nous l’observons avec attention.

Il présente à deux ou trois reprises différentes des phénomènes convulsifs, limités à un seul côté du corps, du côté droit, c’està-dire du côté correspondant au cerveau dont le ganglion cervical supérieur à été arraché.

A la suite d’une de ces crises convulsives, dont la durée totale a été d'une heure environ, le lapin reste dans le coma, fait plusieurs grandes inspirations et meurt rapidement.

A l’autopsie, on trouve une quantité assez notable deliquide dans les ventricules, et peut-être un peu d’œdème, mais très léger, et, en tout cas, s'étendent aux deux hémisphères. La circulation ne présente rien de particulier, on ne trouve ni congestion ni anémie bien nettes.

Expérience II. — Analogue à la précédente ; donne les mêmes résultats.

Expérience III.— Sur un chien griffon, assez vieux et de forte taille, endormi par injections intra-veineuses de chloral, nous en-levons par une couronne de trépan, une rondelle osseuse, dans la région du gyrus, et nous faisons avec un trocart une plaie de la

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