OBSERVATION VI
Thi Jean, étudiant en médecine se plaint d’une douleur très violente du côté droit survenue brusquement le {5 janvier 1933. Le malade est afébrile, ne tousse et ne crache pas; la vitesse de sédimentation est normale. Plusieurs radiographies pratiquées avant cette date ne montraient aucune jmprégnation bacillaire. Celle pratiquée après le début de son affection montrait la présence d’un pneumothorax spontanée à droite.
Le 3 février 1933, le malade se fait admettre au sanatorium. L'examen nous montre un sujet asthénique, très nerveux. L'état général n’a pas changé mais reste très précaire.
Une radiographie pratiquée le 3 février 1933 montre: à droite une ombre hilaire assez chargée, par-ci par-là des petits foyers d’aspect fibreux. À gauche des trainées fibreuses assez denses partant du hile vers la base et le sommet.
A la radioscopie en tournant le malade, on a pu mettre en évidence, au niveau du 6° espace inter-costal, arc antérieur, un foyer opaque, rond, de la grosseur d’un petit pois et d’aspect calcifié.
Le malade nous revient le 6 mai 1935. Il se portait bien, à l'exclusion d’un accès de fièvre qui dura deux semaines et qui était accompagné d’une petite hémoptysie.
L'état général est resté stationnaire. La vitesse de sédimentation est normale. L’expectoration est peu abondante, mais on constate des bacilles de Koch à l’examen direct.
La radiographie indique de nombreux petits foyers flous d'aspect frais (cavernulie) occupant tout le sommet droit. Au niveau de la 2° côte on constate une ombre annulaire de la grosseur d’une cerise.
Un pneumothorax artificiel est installé.
Nous ne croyons pas que la tuberculose soit à elle seule responsable de tous les cas de pneumothorax
spontané. Les malformations congénitales, les <vésicules de Fischer-Wassels», survenant après infection non spécifique du parenchyme pulmonaire, peuvent amener l'irruption de l’air dans l’espace pleural.
Cependant, lemphysème localisé cicatriciel joue un rôle prépondérant dans l’étiologie du pneumothorax spontané. Très souvent il accompagne une vieille lésion tuberculeuse, A vrai dire, le pneumothorax spontané bénin, n’est pas de nature tuberculeuse par lui-même. Mais en général, c’est le signe révélateur de l'existence, très souvent ignorée, d’une atteinte bacillaire antérieure. Il convient donc, et c’est là le point capital, de considérer ces sujets comme des prétuberculeux et de ne pas se bercer dans l’insouciance d’une évolution bénigne des symptômes immédiats.