INTRODUCTION
Le diagnostic d’'emphysème, de bronchite chronique avec emphysème se voit très souvent dans nos cliniques. Ce sont en général des obèses qui consultent pour une dyspnée et auxquels le radiologue apose cette étiquette. Aussi est-ce sous ce tableau clinique que nous avons tendance à voir nos malades dès qu’ils sont porteurs de cette affection.
Malgré les travaux récents de Bard, de Bezançon et de leurs collaborateurs, la confusion est actuellement bien grande, et l’image évoquée par le terme <emphysème» encore très imprécise.
Les arthritiques nous offrent un syndrôme clinique d’emphysème généralisé.
L'emploi de la radiologie, la dyspnée très prononcée de tuberculeux par ailleurs stabilisés, nous ont permis de connaître «l’emphysème» sous forme d’hypertrophie vicariante du poumon.
Dans certains cas le terme est donc employé pour désigner un syndrôme clinique bien caractérisé et dans d’autres il s'applique à un symptôme local ou même à une altération anatomo-pathologique.
L’emphysème qui devrait être une lésion bien circonscrite au parenchyme, a vu s'étendre son domaine et le même terme est employé pour des infiltrations aériennes extra-pulmonaires.
Nous nous proposons d’étudier surtout l’'emphysème dans la tuberculose pulmonaire chronique. Chez les malades où la longueur de l’affection permet des altérations lentes et progressives du parenchyme, l'étude de
l’'emphysème sera plus intéressante au point de vue conséquences que dans les formes à évolution rapide. L’altération emphysémateuse ayant eu le temps de s'installer, change non seulement la mécanique pulmonaire, mais encore la vascularisation par son anémie et la ventilation alvéolaire par la rigidité alvéolaire.
L’inconvénient de cette étude sera que les légères altérations, celles qui accompagnent de petits foyers, les plages d’emphysème localisé, ne seront accessibles ni à la clinique, ni à la radiologie; seul l’anatomo-pathologiste les constatera. C’est pour cette raison que nous avons renoncé à la multiplicité des clichés et des observations qui pourraient accompagner cette thèse et nous nous excusons d'avance de ce qui semblerait être une insuffisance de documentation.
Une autre difficulté dans l'interprétation des cas d’emphysème résulte du fait que seuls l’emphysème vicariant et l’emphysème mécanique de compensation sont généralement accessibles à la radiologie; ce sont eux qui sont le plus souvent décrits,
Pourtant l’'emphysème localisé altère profondément le parenchyme. S'il échappe à l'examen clinique, il apparaîtra ultérieurement et changera souvent le pronostic de la tuberculose qu’il accompagne.
Le poumon malade diffère dans son comportement de tous les autres organes. C’est un tissu constamment en mouvement. La radiographie nous a peut-être trop. habitués à des images, c’est-à-dire à des représentations planes, sans mouvement; la radioscopie est trop imprécise pour nous habituer aux changements des foyers. On se contente de la constatation des lésions, de leur étendue et de leur aspect et on néglige l'influence qu’exercent sur le parenchyme les forces inspiratoires et expiratoires.
Le grand mérite du livre de Parodi, quoiqu’on discute actuellement la valeur et l'exactitude de ses prémices, est principalement celui de nous avoir montré
iles
un poumon <en action» et de n’v avoir placé des lésions que secondairement.
Cependant, l’emphysème crée des plages d’immobilité, des zônes de destruction alvéolaire. En même temps sa présence est toujours un point faible dans l’élasticité pulmonaire. Il est donc logique d'admettre qu'un poumon atteint d'emphysème se comporte autrement qu’un poumon avant un appareil élastique intact. Nous allons essayer de délimiter quelques-unes des conséquences que cette présence peut entraîner.