‹ Du rôle de l'emphysème dans la tuberculose pulmonaireChapitre 40 sur 44 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Ma... Charles, âgé de 25 ans, entre au sanatorium le 5 jan- VTSLMIOOS TE

Le 7 décembre 1936 le malade soulève une caisse très lourde (60 kgs); il ressent une douleur dans la partie moyenne droite de l’hémithorax. Une hémoptysie assez abondante ( litre) survient le soir même. Le médecin consulté institue un traitement hémostatique et nous adresse le malade.

Celui-ci aurait déjà toussé en 1934, mais ne consulte pas de médecin,

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À son examen d'entrée, nous voyons un malade afébrile, de bonne constitution (67 kgs pour 1 m 64). La sédimentation globulaire est très accélérée. L’expectoration est abondante (8—10 crachats) et renferme des bacilles de Koch (Gaffky IV). A l’auscultation on entend des râles sonores, surtout à la partie moyenne droite. La radiographie montre à gauche une très grosse caverne sous-claviculaire à limite inférieure horizontale, la bronche de drainage reliant la caverne au hile est bien visible. Quelques nodules disséminés entre le hile et la caverne, ont les uns un aspect frais, les autres semblent calcifiés. Dans la partie moyenne droite siège une caverne du volume d’une orange.

Le malade s'améliore nettement par la cure; il prend du poids et se sent mieux.

Une nouvelle radiographie pratiquée le 5 mai 1937, montre une diminution de la caverne à droite. (Celle-ci est le siège de cloisonnements multiples qui en réduisent le volume. La caverne à gauche est très diminuée. De nombreuses plages claires entourent la bronche de drainage qui apparaît moins nette; le dessin broncho-vasculaire qui relie la caverne au hile est bien plus fortement dessinée. Les nodules calcifiés sont sensiblement déplacés vers le haut.

| Le cœur, la trachée et le médiastin ne sont pas modifiés dans leur situation.

Cette observation nous montre, côte à côte, deux mécanismes de fermeture ou de guérison de cavernes. Celle du côté droit est envahie par un processus de cloisonnement, tandis que la caverne supérieure gauche montre un développement emphysémateux très net à sa base.

Kamsler admet la guérison des cavernes par un emphysème vicariant. Cette guérison, spontanée ou provoquée par une intervention, se ferait suivant un mécanisme très simple. Ou bien de petites atélectasies créent des territoires de dépression ou de surpression dans le parenchyme environnant (Coryllos); ces derniers agiront sur les parois de la caverne en les accolant.

Dans d’autres cas, l’action emphysémateuse se ferait sur la bronche de drainage qui amènerait de cette facon une obstruction de la caverne (Alexander). Derscheid et

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Toussaint envisagent ce mécanisme dans les améliorations transitoires de la phrénicectomie, Les atélectasies partielles, par suite du changement dynamique provenant de la suppression de la force du diaphragme, provoquent des diminutions de cavernes. Une fois l'équilibre des pressions rétabli dans le poumon, la caverne s'agrandit.

Ces atélectasies partielles expliquent la caverne «accordéon» de Mantoux. Elles expliquent aussi la réparation plus ou moins rapide du territoire atélectasié, la réversibilité très grande des fermetures cavitaires. Le siège de la caverne importe également.

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