OBSERVATION XIII
Sa... Charles, entre au sanatorium le 30 juin 1933.
Son affection a débuté au mois de février 1933. A cette époque, le malade tousse, expectore beaucoup et fait de la température. Il continue néanmoins son travail jusqu’au 15 mars 1933; trois crachats sanglants alarment le malade qui se repose et se fait examiner. La radioscopie montre une caverne et l’expectoration est bacillifère. ;
A son entrée nous voyons un malade pâle, avec un état général assez touché. La température est normale. L’auscultation révèle des râles humides dans la partie moyenne droite. La vitesse de sédimentation est assez accélérée; plusieurs examens microscopiques confirment la présence de bacilles de Koch.
La radiographie montre dans la partie moyenne du champ pulmonaire droit une ombre annulaire de la grosseur d’une petite mandarine entourée d’une coque assez dense et de petits nodules d'aspect frais.
Une épreuve sur papier Néga du 24 juillet 1933 montre une résorption complète de la caverne. Le contrôle radioscopique confirme cette guérison très rapide. Les bacilles de Koch ont disparu dans l’expectoration (homogénéisations répétées), la vitesse de sédimentation est normale. A l’auscultation, quelques râles secs persistent, Une nouvelle radiographie en octobre montre une accentuation de l'ombre hilaire à droite comme unique altération du champ pulmonaire,
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Cette observation nous prouve que le siège d’une caverne peut avoir une influence sur sa prompte disparition. Nous admettons que l’origine, relativement récente de cette excavation, soit un facteur favorisant sa guérison. Néanmoins, le cas de guérison spontanée d’une caverne tuberculeuse (avec présence de bacilles de Koch.) en un laps de temps aussi court, ne se voit que rarement. A/brechts signale la guérison la plus rapide; elle est survenue après 4 mois de cure. Nous croyons donc, que le siège de cette caverne, soit en grande partie responsable de sa disparition rapide. En effet, elle est située en un endroit, où les mouvements du parenchyme sont d’une amplitude minima; c’est l'endroit où Parodi situe le centre de gravité du poumon. Cette caverne se trouve dans un état de repos physiologique qui a grandement contribué à sa guérison.
La diminution, c’est-à-dire l'amélioration de certaines cavernes, est donc explicable par la présence dans le parenchyme d’îlots d’emphysème localisé. Nous avons constaté que malheureusement son action est inconstante dans ses effets.
En résumé, l’emphysème étant le signe qui accompagne les lésions fibreuses, sa constatation nous fera porter un bon pronostic pour la tuberculose pulmonaire.
Nous avons vu que dans une minorité de cas, l’'emphysème peut être à la base d’une évolution ultérieure. Il sera donc nécessaire, après des affections du sommet — et elles sont fréquentes — que le malade soit
TS Sri
suivi pendant très longtemps. Le rôle du médecin sera de ne pas laisser le malade se fasciner par un état général trompeur.
La conclusion pratique qui découlera de nos considérations, sera que les affections pulmonaires guéries devront être suivies régulièrement. Les visites de contrôle auront chez le tuberculeux une importance capitale.