‹ Du rôle de l'hérédité dans l'alcoolismeChapitre 9 sur 13 · HEREDITE DISSEMBLABLE · texte numérisé non relu

HEREDITE DISSEMBLABLE

Nous avons vu par toutes les observations que nous avons données jusqu’ici quels rapports intimes 1’ alcoolisme semble avoir avec toutes les autres manifestations héréditaires que l’on rencontre dans la famille névropathique dont M. Féré a su si bien montrer le lien intime. Mais nous n’y avons pas insisté parce que nous ne voulions nous placer qu’au point de vue exclusif de l’hérédité similaire dans l’alcoolisme. C’est maintenant le moment d’envisager la question sous un aspect plus large et plus général et de nous demander si en présence de la coïncidence si fréquente de l’alcoolisme avec les autres affections appartenant à la famille névropathique soit dans l’ascendance, soit dans la descendance des alcooliques, nous ne devons pas faire rentrer aussi l’alcoolisme dans la famille névropathique. Si nous examinons les nombreuses affections nerveuses, soit psychiques, soit organiques et souvent les deux que présentent les familles d’alcooliques, nous sommes

frappés de la fréquence avec laquelle l’alcoolisme y prédispose. C’est surtout les névroses et les psychoses que l’alcoolisme des parents entraîne chez les enfants, telles que l’hystérie, et surtout l’épilepsie qui est si fréquente ; telles que l’idiotie, la perversion des instincts, la folie morale ou le délire des dégénérés héréditaires ; ou encore les convulsions et tous les désordres somatiques qui peuvent en être la conséquence.

Il suffît de jeter un coup d’œil sur les familles d’ivrognes pour voir toutes ces affections se combiner, s’associer, se suppléer chez les différents membres d’une même famille, comme nous en avons donné des exemples. Mais où nous devons surtout attirer l’attention, c’est sur la fréquence avec laquelle on voit survenir l’alcoolisme dans ces familles au même titre que toute autre psychopathie ou névropathie avec lesquelles on le voit souvent se combiner. Ce fait qui ressort avec la plus grande netteté de l’immense majorité des observations d’alcooliques montre bien quel lien étroit rattache l’alcoolisme à la famille névropaphique. Nous ne pouvons poursuivre plus loin l’étude de ces rapports du côté de la descendance où ils nous paraissent d’ailleurs suffisammentprouvés. Car ce serait sortir de notre sujet.

Ce que nous allons nous efforcer de montrer maintenant, c’est que ce lien commun entre

l’alcoolisme et les psychopathies et les névropathies, si évident chez la descendance des alcooliques, n’est pas moins manifeste si l’on considère leur ascendance. En d’autres termes il s’agit maintenant d’établir que les différentes affections de la famille névropathique peuvent engendrer l’alcoolisme au même titre que n’importe quelle autre affection de cette même famille, ce qui revient à étudier le rôle de l’hérédité dissemblable sur l’alcoolisme. Pour nous guider dans cette étude nous suivrons le plan tracé par M. Féré, c’est-à-dire que nous envisagerons d’abord les rapports de l’alcoolisme avec la branche psychopathique, puis avec la branche névropathique proprement dite de la famille névropathique.

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