Chapitre IV. — La source des contingences sociales
Si les sciences psychologiques et' sociales ne sont pas trop récentes, c'est leur objet qui est récent, par rapport à l'objet des sciences naturelles ; dans les deux cas, les conséquences sont les mêmes. Les divers domaines de la nature qu étudient les sciences naturelles ont passé par deux phases : la phase de révolution, de chaos, d'anomie et la phase de régularité de fixité. Les espèces, fixes aujourd'hui, sont l'œuvre tardive d'une époque créatrice pleine de révolutions et cataclismes biologiques. Le règne social, qui ne compte pas plus de 25.000 années d'existence, ne se trouve-t-*il pas dans ce stade de formation, d'anomie ? Les sociétés humaines ne sont pas encore intégrées politiquement et économiquement. A chaque intégration sociale l'équilibre est renversé, la régularité est abolie. De là la source de la contingence sociale et la vanité des prétentions scientifiques de la sociologie et de la psychologie. Les lois morales ne peuvent être que des velléités de lois, de simples aspirations, qui prennent la forme spéciale du devoir. Elles commandent au lieu de constater. Elles deviennent possibles, dans le vrai sens du mot, seulement à la limite de l'époque de formation sociale. La société, confinée aux limites de la planète, sera complètement isolée ; la fixité des formes sociales qui en résultera rendra possible la science. L'exemple de la Chine indique bien cette évolution ; les objectifs socialistes en sont une autre preuve 89-109
Conclusions et conséquences 109
Le mouvement égali taire et ce qui suit des considérations sur les contingences sociales font conclure que ce qu'il y a de psy-
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chique, commun, dans l'individu, devient seul objet de science, tandis que ce qu'il y en a d'irréductible est réfractaire à la science. Or, le c6té psychique commun est d'origine sociale. Une science psychologique ne peut être que sociale, et la sociologie ne peut être que psychologique 109-111