CHAPITRE ly. — héL SOURCE DBS GOKmcOENGES SOCIALES
vérifie, en devenant très intelligible^ dans le système de Herbert Spencer, le système solaire provient d'une nébuleuse. Selon ce dernier, il se serait formé a par intégration de matière et perte concomitante de mouvement. » Et cette double opération mécanique a déterminé la nébuleuse à passer « d'un état incohérent et diffus, de vaste étendue, à un état solide et cohérent ». C'est ainsi que se sont formés les satellites, les planètes, le soleil. « Les satellites de chaque planète ont formé, avec elle, un groupe équilibré ; les planètes et leurs satellites ont formé avec le soleil un groupe composé, dont les membres ont été plus fortement liés ensemble, que ne l'étaient les parties diffuses du milieu nébuleux, d'où ils sont sortis » (i).
Dans le cours de la formation du système solaire, le processus évolutif s'est accompli de telle sorte que la nébuleuse diffuse et irrégulière se concentrait, devenait en même temps plus multiforme et subissait des différenciations de plus en plus nombreuses. Bref, elle passait d une homogénéité incohérente à une hétérogénéité cohérente. Or, le processus de différenciation et de complication a été complété par un processus de détermination. La matière confuse prend une forme de plus en plus définie ; l'ordre se substitue progressivement à la confusion. Et enfin à la complexité, k la définition et à la régularité des formes, s'est ^goûtée la régularité des mouvements, la périodicité des systèmes rythmiques de mouvements. Ainsi les formes se définissent, et les mouvements complexes se régularisent, à tel point qu'on en peut calculer les résultats. Le domaine de la contingence est réduit, ici, à un minimum négligeable.
Il est évident que cet arrangement de la nébuleuse, en un système d'une régularité géométrique, a nécessité un intervalle de temps, qui dépassait peut-être tout ce que l'esprit humain peut concevoir. Il est sûr aussi, qu'avant la constitution définitive du
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système solaire, dans Tétat qu'il persiste à conserver, tous les Kepler, les Newton et les Laplace — fussent-ils omniscients — n'auraient pas pu découvrir les lois de la mécanique céleste et de la gravitation planétaire. La science de l'astronomie avait été impossible pendant tout le long de cette évolution solaire, et son exactitude idéale ne fait que reproduire la régularité effective des formes et des mouvements, que présente le système.
Il en fût de même de notre planète. Séparée de la masse solaire, elle traversa une évolution, qui fût en principe la même que celle du système entier. Son état chaotique se continua nécessairement pendant un intervalle de temps impossible à représenter. (( L'histoire de la terre, dit Spencer, telle que la révèle la structure de sa croûte solide, nous ramène à cet état de fusion où aboutit l'hypothèse nébulaire ; et les changements dits ignés sont les suites delà consolidation progressive de la substance terrestre» (Pr. princ. p. 378.) L'évolution de la nébuleuse terrestre s'est faite de telle sorte que « sa structure est devenue plus complète, d'âge en âge. par la multiplication des couches qui forment sa croûte; elle est devenue aussi, d'âge en âge, plus compliquée, par la complexité des combinaisons, qui composent les couches » (p. 398). Jusqu'à ce que la terre arrive à la forme qu'elle présente aujourd'hui, il lui a fallu, en plus, passer a à travers une suite de périodes dont les caractères ont été de plus en plus déterminés » (p. 334). Cependant, ces périodes sont de caractère absolument révolutionnaire : u les courants de matière, en fusion, sont bien liés à certains circuits, par les conditions de l'équilibre, mais s'ils ne peuvent rester fixes, d'une manière permanente dans leur direction, c'est parce qu'ils n'y sont point confinés par des bornes solides n. (( Une solidification de la surface, même partielle, est évidemment un pas vers l'établissement des relations définies de position. Toutefois, avec une croûte mince, que des forces pertubatrices rompent Jréquemment et que déplacent toutes les ondulations des marées, la fixité de la position relative ne peut