‹ Du rôle de l'individu dans le déterminisme socialChapitre 36 sur 153 · CHAPITRE PREMIER. — RAISONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — RAISONS GÉNÉRALES

par le procédé de Fabstraction scientifique. De fait, comme on vient de le dire, tour à tour la sociologie individuelle est aussi bien une application de la psychologie sociale que celle-ci est une application de celle-là.

11 en est ainsi du moment que « l'individu et la société sont des termes corrélatifs qui se supposent réciproquement ». En ce cas (( la psychologie sociale, d'après son contenu, ne doit pas signifier quelque chose de différent de la psychologie individuelle, mais seulement une certaine manière abstraite d'observation qui complète celte dernière» (i). Par conséquent (( la psychologie proprement dite se complète seulement par la réunion de la psychologie sociale avec la psychologie individuelle, parce que la première ne fait que rechercher les phénomènes, l'apparition et le développement des propriétés psychiques, dont les conditions sont liSes à la vie psychique » (a). Maintenant s'il était vrai que tous les phénomènes psychiques généraux, susceptibles d'être érigés en lois, sont sortis de la voie en commun — ce qui nous parait bien évidemment être le cas — que reste-t-il de la différence qu'on postule entre une psychologie sociale et une psychologie individuelle?

Chez tous ces penseurs, la tentative, faite pour établir un rapport défini entre la psychologie et la sociologie, aboutit à une confusion ou à un renversement des termes : le psychologique devient social, et le social psychologique. Les deux termes peuvent se remplacer l'un l'autre ; n'est-ce pas là la preuve qu'ils sont liés par un rapport d'équivalence, et Comte a eu bien raison de faire disparaître la psychologie dans la sociologie. Sous peine de se contredire et de se détruire elles-mêmes, les diverses con- . ceptions de la sociologie doivent reprendre la thèse défendue, dès le commencement même, par le fondateur de cette science.

. (i) Die Loçik., p. 13t.

(2) iMd.

1 23 LIVRE II. — RilPPORTS ENTRE LA PSYCHOLOGIE ET LA SOCIOLOGIE

C'est ce qu'a bien compris M. de Roberty, qui se dit à bon droit 9 poâtiTiste corrigé n. Sa sociologie, outre qu'elle contient tout ce qu'il y a de raMtqoable dans les diverses conceptions examinées, nous paraît d'une solidité logique plus ensmpte de

contradictions et plus rassurante. « La psychologie, nous dit-il, pourrait être regardée comme une dépendance, un prolongement, de la sociologie, et comme une étude qui ne saurait devenir une science bien constituée » (i) que lorsque la sociologie aura atteint son plein développement. Dans ce sens précis, il nous dit encore que « le phénomène social se confond avec le phénomène mental », et que (( la psychologie est une science hybride, concrète et abstraite à la fois ».

M. de Roberty prend une attitude encore plus précise, et éclaire beaucoup la thèse de Comte, quand il parle d'une u sociologie descriptive qui doit confondre ses limites avec^celles qu'on assigne d'habitude à la psychologie ». « La sociologie proprement dite est une science abstraite par rapport k laquelle la psychologie, à laquelle celle-là fournit la base, n'est qu'une science concrète déduite » (2). Le caractère essentiellement descriptif qui lui appartient, dès aujourd'hui, la psychologie est destinée à le conserver toujours, en tant que science complémentaire et concrète. Les idées et l'évolution des idées forment tout le contenu et la seule matière de la sociologie. Nous trouvons donc confirmées par M. de Roberty les conclusions précédentes, où il nous paraissait que, forcément, la psychologie, ayant le psycho-individuel irréductible pour objet, ne peut être qu'une science de description, de biographie.

Quoiqu'il en soit, il reste vrai pour tous les sociologues que l'homme réfléchi, raisonnable, est au terme et non pas au commencement de la vie sociale. Pour eux, le psychique réfléchi,

(1) Sociologie, Paris, Alean, 1893, p. 188.

(2) Corut. de l'Ethique, Paris, Alcan, 1900, p. 6S. — Le Bien et le Mat, r édit.. 1880, p. 26. — Nouveau programme de sociologie. Alean. 1904, pp. 41-4S.

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