‹ Du rôle de l'individu dans le déterminisme socialChapitre 58 sur 153 · CHAPITRE U. — CO?IDlTIO:fS DE l'aPPARITION DE LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE U. — CO?IDlTIO:fS DE l'aPPARITION DE LA CONSCIENCE

spiritualisme sont loin d'accepter la théorie de la conscience épiphénomène. Ils ne trouvent pas irréels les phénomènes de la conscience. «Au contraire», dit M. Hôfîding, a la théorie de la connaissance nous mène à considérer les phénomènes de conscience comme les faits les plus fondamentaux de notre expérience, puisque le point de vue objectif implique toujours le point de vue subjectif. De ce point de vue la conception la plus naturelle serait celle qui regarde la vie psychique comme l'essentiel et l'activité cérébrale qui lui correspond comme la forme donnée sous laquelle elle se manifeste à l'intuition sensible » ( i ). Wundt conclut absolument de même quand il examine le rapport du physique au psychique : « Une étude plus approfondie de l'histoire de l'évolution psychique doit nécessairement arriver à l'opinion opposée à cette autre opinion, aujourd'hui très répandue, qui voit dans l'organisation physique la cause de l'organisation psychique... Nous sommes contraints d'admettre que le développement psychique n'est pas la cause, mais plutôt Veffet du développement physique » (2).

Le psychique aurait ainsi une existence effective ; il faut cependant bien qu'il se construise un organe adéquat afin de pouvoir ae manifester extérieurement. La question revient à demander lequel du violon, ou bien de la nécessité esthétique que l'homme a senti de jouer du violon, a été cause de l'autre ? Dans ce cas précis et concret, il n'est pas douteux que c'est le goût de la musique qui a créé le violon, son instrument. N'en serait-il pas de même du cerveau ? N'est-il pas l'organe que le psychique s'est créé pour se manifester extérieurement ?

Il est vrai que pour un observateur superfîciel et naïf, non seulement, à l'origine même, c'est le violon qui a déterminé le goût du musicien, mais puisque, de fait, les accords, les rythmes sont exprimés, exécutés comme on dit, par le violon, on pourrait

(I) Op. cit. p. 86.

(t) Op. cit. t. Il, p. 519.

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faire dépendre la musique même de la ccniBtrudtîafn matéilcile du violon. Bois, cordes, archet, etc., contiendraient tout le secret des sons harmonieux. L'artiste serait ainsi un témoin inutile, inactif, ou, tout au moins, se livrerait à un jeu de gestes inefficaces, quoique adéquats et parallèles aux mesures et aux tons.

Si grossière qu'elle soit, cette comparaison montre Terreur des partisans de la conscience épiphénomène. C'est afin d'échapper à cette erreur grossière que James se dédare spiritualiste et Wundt animiste. Pour ce dernier, « la supposition que le psychique a créé le corps rend compréhensible le fait de la finalUê de tous les phénomènes de la vie, fait qu'on ne peut rejeter malgré toutes les négations anti-téléologiques de la biologie actuelle » (i). Mais le fondement de cette formalité, c'est qu'une partie des phénomènes de la vie, les actions volontaires et conscientes émanent immédiatement des motifs dirigés vers un but.

Pour James, le sentiment, qui coexiste avec l'action de la cellule cérébrale, réagit dynamiquement sur cette action, en la fortifiant ou en l'inhibant, alors l'attention {qui est l'équivalent de la conscience) est en partie une cause. 11 va même jusqu'à dire, avec Kant, que le corps est u non la cause de notre pensée, mais une condition restrictive qui est nécessaire pour la vie animale et temporelle ; il est un empêchement pour la vie purement ^irituelle » (a). Ce qui détermine James à <( se compter parmi les spiritualistes, ce sont des raisons éthiques » (3) .

Or, le monde éthique est le monde de la finalité. Par conséquent, ces deux psychologues remarquables s'adressent tous les deux au monde de la morale qui est k .proprement parler le

(1) Op. cit. t. II, p. 519.

(2) Human Immortality, voir compte rendu de la Revue Philos. 4888 (I) p. iB9.

(3) Principles of Psychology, I, p. 4MM60.

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