‹ Du rôle de l'individu dans le déterminisme socialChapitre 66 sur 153 · CHAPITRE n. — GONDITIO?fS DE L APPARITION DE LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. — GONDITIO?fS DE L APPARITION DE LA CONSCIENCE

sociale, préventive, contre la mobilité excessive des ouvriers, un rétablissement des anciennes corporations qui mettrait fin au vagabondage, en fixant les hommes dans un cercle limité, précis.

Lorsque le milieu social, tout d'abord différencié par son augmentation en nombre et en densité, finit par s'homogéniser en s'unifiant de plus en plus, la conscience individuelle elle aussi atteint un équilibre d'autant plus sûr, une cohésion d'autant plus profonde, que cette unification a suivi une différenciation plus étendue, par suite une intégration sociale plus large, u La maturité de Tesprit, dit Hôfiding, surtout dans les natures profondes, résulte d'une fermentation analogue. )> Le processus de l'unification sociale, seul, réalise au milieu de la société cette ressemblance des éléments constants qui se reflètent également dans les consciences et donnent ainsi à ces dernières leur unité, leur continuité. De sorte que l'unité et la cohésion, qui suivent un déséquilibre général des esprits, sont d'autant plus constantes, profondes et fortes que le déséquilibre a été, lui aussi, plus profond. L'ordre règne, au moins dans les rues, au lendemain des révolutions : le processus de l'intégration sociale est accompagné d'un côté par une différenciation profonde et d'autre côté par une homogénéité et une assimilation aussi profondes. S*il y a différenciation d'abord et désorganisation de la société, révolutionnée, l'assimilation ne tardera pas à apporter là continuité, unité et stabilité. Les choses se remettront en place aussitôt après ces grands déplacements. Aussi, si on définit bien avec HôfiTding la conscience : une synthèse se caractérisant par une unité qui n'exclut pas la variété ou la complexité, n'estr-il pas évident que cette définition reproduit, dans ses propres termes, la formule qui exprime la loi principale des sociétés ?

Si la conscience dans ses traits principaux reproduit les traits principaux de la loi sociale, s'ils en dérivent même direc-

tement» psychologues et sociologues estîmeronfc-ils encore trop hardi et trop hasardeux de conclure de là que les lois de la conscience sont essentiellement dérivées des lois de la société ?

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