CHAPITRE III La Hémoire (Bétentlon
L'essentiel de la conscience individuelle dérive de la loi, pour ainsi dire supérieure, qui gouverne à la fois sociétés et individus. Ce rapport essentiel se maintient-il aussi dans le détail entre ce qu'on appelle les lois psychologiques et les lois sociales? En d'autres termes, ce lieu causal entre le social et le psychique peut-il se constater lorsqu'on examine les fonctions psychiques de plus près ? Sont-elles, elles aussi, l'écho représenté et fixé, dans les individus, de fonctions sociales correspondantes.
Dans ce chapitre, nous voulons envisager la conscience sous un aspect qu'on pourrait appeler un point de vue statique. Nous nous limiterons ici, autant que possible, à considérer les fonctions psychiques, dans ce qu'elles ont d'établi, d'acquis; nous ne toucherons pas à leur progrès. Nous tâcherons, dans un chapitre suivant, d'envisager aussi l'aspect dynamique de la conscience, le processus psychique en marche. Le point de vue statique de la conscience comprend, semble-t-il, trois fonctions : la mémoire, r association des idées et la perception. Et comme la mémoire est la fonction, qui paraît contenir en soi les deux autres, au point qu'elles ne peuvent en être séparées, nous les examinerons dans leur rapport de réciprocité. James dit, avec Mill,