‹ Du rôle de l'individu dans le déterminisme socialChapitre 74 sur 153 · CHAPITRE in. — LK HÈHOIBE (RéTENTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE in. — LK HÈHOIBE (RéTENTION

en dehors de la conscience, mais qu elles doivent être regardées comme des dispositions fonctionnelles » (i ).

D'ailleurs, Wundt, comme Hôffding, se garde bien de réduire l'association psychique des idées à leurs conditions physiologiques, comme les psychologues le font ordinairement. Aussi distinguent-ils toujours les deux points de vue. « Au point de vue physiologique, dit Hôffding, ce qui agit dans l'association par continuité, c'est la loi de l'exercice. Le passage d'une représentation a une autre s'explique physiologiquement par la tendance acquise par le processus correspondant de l'encéphale, par suite de répétitions, /r^guen/e^ et ininterrompues, à se transformer l'une dans l'autre. Le principe qui agit ici est donc le même que dans l'habitude n (a).

Plus brièvement, la matière nerveuse présente une propriété, grâce à laquelle les excitants extérieurs, répétés avec continuité, y laissent des traces qui conservent, à l'intérieur, les représentations disparues de la conscience, et souvent même dans leur ordre extérieur.

Nous avons donc ici trois éléments : i* la propriété nerveuse de conserver des traces sous forme de dispositions fonctionnelles ; a* la répétition ; 3* l'ordre extérieur des représentations. De ces trois éléments, le premier seul est physiologique, à proprement parler. Avant d'examiner quelle est la nature des deux autres, voyons quelle est la valeur effective de la propriété nerveuse, dans l'explication de l'association des idées par rapport à celles des deux autres éléments.

Sans doute, la valeur de ce rôle a été fort exagérée. Aussi la thèse n*a-t-ellepas manqué de susciter des critiques. «Cette théorie est claire pour l'explication de l'association des idées, car si toute réaction nerveuse altère la structure de la voie conductrice, sur laquelle elle se développe dans le sens où cette voie offre une

(1) WuNiyr: Op. cit. toI. H. pp. 343, 346.

(2) HOrFDiMO: Op. cit. p. fUJ.

ao4 LIVRE II. — RAPPORTS ENTRE LA PSYCHOLOGIE ET LA SOCIOLOGIE

moindre résistance dans Tavenir, il est évident que les réactions futures prendront sûrement cette voie plutât qu*une autre, et il s'établira ainsi une afQnité entre ces diverses actions nerveuses ou entre leurs concomitants : les états de conscience ». Cependant, ajoute-t-on, u c'est seulement parce que nous savons que par la répétition des mêmes séries de représentations analogues, Tassociatiou dans le même ordre est de plus en plus facilitée que nous concluons à ce changement de structure de la voie nerveuse » (i).

Loin que la propriété nerveuse ait celte importance décisive, qui détermine même la répétition et Tordre extérieur des excitants, il semble qu'elle tire elle-même toute son importance de ces derniers. Induite simplement du fait psychique de l'association des idées répétées, c'est aussi cette répétition qui provoque sa perméabilité, et, l'ordre des représentations lui étant également étranger, la propriété nerveuse ne nous dit en somme absolument rien sur le mystère de l'association. Au contraire, elle doit être elle-même expliquée par les deux autres facteurs. C'est ce qui a fait dire à M. Durkheim : « La vie propre des représentations ne peut consister que dans la manière sm generis dont elles se groupent. Il faudrait qu'elles puissent se rappeler, s'associer d'après des afiinités, qui dérivassent de leurs caractères intrinsèques et non de leurs dispositions et propriétés nerveuses )) (2).

C'est dire par là que l'ordre, dans lequel les représentations se rappellent, est propre aux représentations, à leur stimulus extérieur et ne dépend pas des propriétés nerveuses.

Et il faut remarquer que les partisans eux-mêmes de la thèse physiologique n'ont pas passé sous silence l'importance de la

(1) C0RNELI8. Vierteljahrschrift fur Wissenschaftliche Philosophie, 1S96, p. 46.

(2) Revue de Métaph. et de morale. Article cité, p. 278.

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