CHAPITRE IV
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Examinons, maintenant, la conscience sous son aspect plutôt dynamique, progressif et par suite créateur. On a vu, dans le chapitre précédent, que révolution effective de la conscience consiste dans le passage de Fassociation des idées par contiguïté à une association par ressemblance, ou, en d'autres termes, dans le progrès du moi réel sur le moi formel, ce qui veut dire que le vrai progrès de la conscience consiste dans la prépondérance des éléments semblables sur les éléments différents dans le contenu du moi. Il est évident que l'accroissement pur et simple du contenu de la conscience, c'est-à-dire son unité formelle, constitue toujours un progrès, seulement ce n'est pas là un progrès sûr et définitivement acquis, puisque « la forme se brise lorsque son contenu présente des oppositions par trop grandes ». Par conséquent, le progrès véritable de la conscience consistera non seulement dans l'augmentation de son contenu, mais aussi dans un processus d'assimilation des éléments qui forment le moi. D'où il doit résulter une extension de la ressemblance au dépens de la différence psychique. Or, ce processus psychique constitue ce qu'on appelle en psychologie l'abstraction et la généralisation.
Mais, parallèle à cette évolution psychique, nous avons également noté une évolution sociale très nettement saisie et clairement exposée par M. Bougie. Les sociétés augmentent progressivement en volume et en densité, ce qui produit une extension progressive et parallèle de leur homogénéité et de leur hétérogé-