‹ Du rôle de l'individu dans le déterminisme socialChapitre 87 sur 153 · CHAPITRE rv. — l'abstraction et la yoLonrÈ aSi · texte numérisé non relu

CHAPITRE rv. — l'abstraction et la yoLonrÈ aSi

néité. Ce chapitre est destmé à montrer quel rapport soutiennent ces deux évolutions parallèles et semblables : Tune physique, Tautre sociale.

Et d'abord rappelons en quoi consiste le processus de Thétérogénéité sociale. La différeneiation sociale est nécessairement juridique, morale, religieuse, économique, artistique, etc... Elle résulte du simple fait que Fintégration violente ou pacifique ouvre les unes aux autres, k un moment donné, toute une série de sociétés auparavant hermétiquement closes, enfermées en elles-mêmes. Presque toujours, ces sociétés versent en une seule société généralisée ; chaque société particulière met son patrimoine juridique, religieux, économique en circulation et à l'usage de tous ; les manières de faire, de penser, de croire, les habitudes juridiques, religieuses, les pratiques de tout genre que chaque société contenait en particulier, tombent dorénavant dans le patrimoine commun de la société qui en résulte.

De cette manière, on le voit bien, le continu de la société intégrée s'est accru énormément. La variété et l'hétérogénéité des manières de faire et de penser, la complexité des pratiques religieuses et juridiques sont renforcées ; dans chaque société particulière aux traditions paternelles s'ajoutent les influences venues des sociétés voisines, autrefois fermées et maintenant ouvertes à tous, les barrières étant tombées. Ainsi se formera un courant général bigarré, contradictoire, lâche, par suite instable, de mo-* des d'activité, d'opinions, de règles de conduite aspirant incessamment à l'équilibre, c'est-à-dire à l'homogénéité et à l'harmonie supérieure. La nécessité de cette harmonie s'accentue particulièrement lorsque, sous l'hégémonie d'une société intégrée, des essais de centralisation commencent à se manifester ; la lutte, la discordance des divers modes d'activité, de conduite et de pensée, s'exaspère jusqu'à devenir éliminatrice. - Si nous revenons maintenant aux individus qui composent la société ainsi intégrée, il n'est pas difficile de supposer que Tévé*

aSfl LIVRE U. *^ RAPPORTS RNTRE LA PSYCHQLQQIE ET LA SOCIOLOGIE

nement social accompli a profondément retenti sur le«r dons* cience. De fait, la différenciation, la complexité hétérogène de la société a pour théâtre effectif les individus et, précisément, leur conscience. La différenciation sociale se traduit directement dans une complexité et une hétérogénéité psychiques. Les contradictions, les discordances des éléments hétérogènes venus de tous les côtés se donnent rendez-vous dans la conscience individuelle. Elles s'y installent, y provoquent les déchirements et les luttes, pénibles de la conscience qui accompagnent la délibération, le choix, l'acte de libre volonté. La guerre que se font entre elles les diverses manières de voir et de se conduire prises en grand s*est transcrite dans ces luttes intérieures, dans ces complexités psychiques qui constituent le fond de notre vie psychique. C'est ainsi que le moi n'est pas seulement Técho des harmonies, mais surtout des discordances sociales. Les divergences, les luttes sociales, les apparitions vives, au moyen d*un processus d'intériorisation forcée, deviennent ici les luttes et les délibérations internes, familières aux hommes réOéchis.

Le résultat dernier de cette différenciation et de cette hétérogénéité sociale, intériorisée, est l'accroissement considérable de la sphère du moi ; à cause de cet accroissement, l'unité formelle de la conscience éprouve une sorte de dilatation qui devient même gênante. La divergence et la complexité trop grande des élé~ ments ont le même effet à Tintérieur des individus que dans la société. Elles nécessitent un système de canalisation, une centralisation qui harmonise les divergences au moyen d'un processus réducteur ou conducteur. L'unité formelle du moi, dilatée d'abord, se contracte ensuite par l'exclusion des divergences logiques. De là résulte le processus psychique de l'abstraction qui, au fond, consiste dans l'apparition de l'association des. idées par ressemblance à côté de leur association par contiguïté, r L'unification sociale est le processus qui nécessite de \uU même le surplus de différenciation. Comment ce processus

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