‹ Du role de la choroïde dans la visionChapitre 4 sur 7 · AS · texte numérisé non relu

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M. Rouget, ainsi que nous l'avons vu (1), a fait remarquer avec raison que sur les parois de ces derniers, l'absorption était surtout due «aux irrégularités, aux innombrables aspérités » de la surface noircie et il a établi une juste distinction entre la surface pigmenlaire «plus foncée et très-irrégulière » de la région ciliaire et de la face postérieure de l'iris, ayant un rôle d'absorption, -et la surface pigmentaire du segment postérieur de l'œil « lisse et régulière, » ayant un rôle de ré flexion.

Au fond de l'œil, en effet, dans toute la partie gui répond à la vision, la choroïde est tapissée par une couche uniforme de cellules hexagonales, régulières et aplaties, disposées en épithélium pavimenteux (Huschke) au-devant de la couche vasculaire. Ces cellules, remplies de granulations pigmentaires, donnent à la surface choroïdienne son aspect brunâtre. La couche qu'elles forment est plus ou moins foncée et opaque ; à l'ophthalmoscope, elle masque généralement les vaisseaux choroïdiens qui ne sont visibles qu'à un fort éclairage et seulement dans les yeux peu pigmentés.

La lumière est donc arrêtée par cette surface noircie, mais elle n'est pas toute absorbée; une partie est réfléchie sur la face antérieure de la couche épithéliale et traverse de nouveau la rétine, pour aller s'éteindre derrière l'iris, ou sortir par la pupille. Cette dernière portion de lumière nous permet de suivre à l'ophthalmoscope, sur le fond d'un œil, les images d'objets extérieurs, et nous les montre telles qu'elles se dessinent sur la rétine de

(I) Voy. plus haut, p. 24.

l'œil exploré : très -nettes, si cet œil est accommodé à la distance des objets; diffuses, s'il ne l'est pas.

Mais ce pouvoir réfléchissant, qui n'existe, pour ainsi dire, qu'à son minimum dans l'œil à choroïde noire, se montre, au contraire, à son plus haut degré dans l'œil à tapis, dont il nous reste à parler.

On donne le nom de tapis (tapeàim, membranaversicolor de Fielding")à une expansion tendineuse qui occupe, sur la choroïde d'un grand nombre d'animaux, une surface irrégulièrement triangulaire, située en dehors de l'entrée du nerf optique, c'est-à-dire à l'endroit de la vision directe. Sur toute cette partie du fond de l'œil, les granulations pig*mentaires épithéliales font complètement défaut, mais la choroïde n'est pas, pour cela, transparente comme chez les albinos; au-devant des vaisseaux s'étend la couche fibreuse opaque qui constitue le tapis et qui réfléchit fortement la lumière (1). La structure finement striée de cette couche produit des effets d'interférence de la lumière et donne lieu aux reflets irisés que présente le tapis, même après la mort, et jusqu'à sa dessiccation. Sur le vivant, c'est la lumière que réfléchit cette surface nacrée qui nous fait paraître brillant le fond de l'œil des animaux, toutes les fois qu'ils sont placés dans un lieu assez obscur pour que leur pupille soit largement dilatée.

(1) Derrière le tapis, le pigment des interstices vasculaire? existe en aussi grande abondance que sur tout le reste delà choroïde, et assurément il n'est pas là pour absorber la lumière qui arrive du côté do Sa pupille, puisque le plan fibreux réfléchissant est placé devant lui, mais il complète la paroi opaque du globe oculaire, pour arrêter touti les rayons qui pourraient venir à travers la sclérotique.

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