Lorenzo Benoni
L'ABSENCE DE LA FAMILLE. i05
réducatioQ de leurs enfants, comprennent leurs devoirs et les remplissent , et Ton entendra moins parler de réformes dans Téducation. Elles se feraient à leur heure et comme d'elles-mêmes; elles sortiraient de Texpérience, de la nécessité , de l'initiative individuelle , plus sages, et surtout plus durables que celles qu'improvise le caprice des pouvoirs publics, ou que suggère le vague mécontentement de l'opinion.
N'y a-t-il cependant rien à faire en faveur de ces enfants auxquels la mort, l'éloignement ou le défaut de culture enlèvent l'appui de leur famille ? C'est envers ceux qui lui sont abandonnés sans réserve que l'éducation publique a les plus grands devoirs à remplir; c'est pour eux surtout qu'elle doit tendre au bien d'un effort continuel, rechercher les bons conseils, et poursuivre des améliorations qui sont indispensables à quelques-uns, qui seront profitables à tous.
Qu'on se garde cependant de céder aveuglément, dans ces réformes, à l'inexpérience de l'opinion, et qu'on cherche plutôt à l'éclairer qu'à lui complaire. Donner à l'étude de l'antiquité dans les collèges plus d'intelligence et plus de profondeur, en bannir un stérile esprit d'imitation , en tempérer l'influence sur l 'esprit de l'enfant par l'étude du monde moderne, voilà ce que l'éducation publique devait