Maîtres d'autrefois (Hollande
2. « L'homme ajoute aux spectacles de la nature... une (jualité que la nature n'a pas : il fixe cette vision, il l'immobilise : il
pidenient les yeux ot par eux la mémoire. C'est un sujet qui n'a pas besoin d'être développé ici, tant, dans ses grandes lignes, il est devenu d'une ve^rité presque banale'; surtout depuis que la photographie, en ce qui concerne les arts plastiques, a facilité et multiplié les études comparatives; depuis que pour la littérature et la musi- (jue, soit les traductions, soit les partitions à bon marché ont popularisé les œuvres étrangères, que la scène ou le concert ont d'ailleurs également contribué à répandre.
Il résulte ainsi des œuvres d'art une sorte de Insurrection d'ensemble par l'intermédiaire des yeux, de l'oreille, et ensuite de la mémoire, de ce qu'il y a de vivant et fondamental dans le passé ou le présent des sociétés plus ou moins policées. Cette résurrection stabilisée se fait, sinon au coup de baguette d'un magicien, du moins moyennant un effort modéré des sens et de l'intellect, effort qui devient une jouissance à la fois d'exercice et d'acquisition. Si la délectation du beau s'y joint, la satisfaction est une
éternise une de ses formes toujours mouvantes. Par là même, il est créateur... » E. Poltier, La pensée libre, p. 48, dans Libres entretiens, 1919.