‹ Du rôle de la mémoire dans nos conceptions métaphysiques, esthétiques, passionnelles, activesChapitre 4 sur 18 · Cf. notamment Guilleminot, La matière et la vie, l'Jl'.i · texte numérisé non relu

Cf. notamment Guilleminot, La matière et la vie, l'Jl'.i

— Jai taché encore de meltre un peu d'ordre, en recherchant l'influence qu'y exerce la mémoire, dans un domaine où, soit comme terminologie soit comme étude analytique, règne jusqu'ici beaucoup de confusion : les passions. Je me suis appuyé sur l'idée déjà signalée par d'autres auteurs, sans qu'ils y aient insisté peut-être suffisamment, que la mémoire transforme les sentiments intenses en passions, en les organisant. C'est quelquefois un bien, c'est souvent un mal : peut-être pourrait-on, plus qu'on ne le fait, chercher dans la mémoire les éléments de diversion propres à atténuer les désordres qu'a créés son action continue et uniforme. C'est là un sujet de morale individuelle et sociale que je n'ai pu qu'effleurer.

— Même en dehors des passions qui sont notre action exaltée en partie par la mémoire, celle-ci joue un rôle prédominant dans notre action normale et habituelle, et cela grâce tantôt à des souvenirs sensuels, tantôt — et c'est le plus souvent — aux souvenirs cristallisés dans le langage, q[ui est lui-même le fruit de la mémoire. J'ai cherché à apercevoir la diversité d'influence que ces deux formes de la mémoire avaient sur

Page 1