LE CONSULAT ET L EMPIRE
Le mouvement de réaction contre l'omnipotence législative s'accrut encore sous le gouvernement de Bonaparte. La Constitution de Kan VIII restreignit d'une façon très notable le pouvoir des Chambres en matière de traités internationaux ; le sénatusconsulte du i6 thermidor an X concentra presque tous les pouvoirs dans les mains du Premier Consul, qui, deux ans plus tard, allait recevoir le titre d'empereur. Dans l'éblouissement prodigieux des victoires, qui dépassaient les rêves les plus hardis de son ambition patriotique, la France, en échange de la gloire, abandonnait, sans murmurer, ses libertés à l'honime de génie qui semblait devoir asservir l'Europe. Mais quand sonna l'heure des revers, de l'invasion, quand on vit 1' (( homme fatal » rentrer à Paris, seul, sans armée, vaincu à son tour, alors le prestige de l'idole s'évanouit, et l'amertume de la désillusion fit sentir au peuple sa servitude. Aussi dès le mois d'avril i8i4, les Chambres votèrent une Constitution libérale ; lorsque Napoléon revint de l'île d'Elbe, il comprit si bien l'urgence d'une réforme, qu'il rétablit, quoique à regret, le régime parlementaire, par l'Acte additionnel. Mais ces concessions ne parurent pas encore suffisantes au Parlement, qui élaborait une nouvelle Constitution, lorsque l'entrée des coalisés vint interrompre ses débats : l'arrivée des Bourbons inaugurait, avec la Charte de