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Qu'on se rappelle l'évocation des morts, dans l'Odyssée

période cFimagination vive et créatrice où il peuple l'univers de miraculeuses influences. Il ne faut pas s'étonner si, parmi ces influences, il compte les morts, les esprits, les êtres qui ont tenu naguère une si grande place dans la vie réelle et qui ont groupé autour d'eux tant de sentiments divers et tant d'intérêts. Comment s'imaginer que le mort ne se préoccupe plus de sa famille, de sa tribu et qu'il devienne étranger aux passions qui l'agitaient, qui agitent encore ses parents et ses amis? Et comment ne pas croire, ne pas espérer que dans cette existence nouvelle et mal connue, il dispose de pouvoirs occultes dont il fait usage à son gré pour le bien ou le mal des vivants? Le voilà redoutable et par suite vénéré. La famille se sent encore sous les yeux de ses ancêtres et, par un culte pieux, les invite à lui continuer leur efficace protection. La tribu, la cité, la peuplade invoque ses héros et croit que son sort dépend d'eux, comme eux-mêmes sont intéressés à son bonheur et à sa prospérité.

Ainsi c'est du concept ou de la conception de l'homme par lui-même, concept formé et étendu par la raison et l'imagination, que sort une première conception du monde extérieur, qui est religieuse; c'est de l'idée de la vie constatée par l'homme en lui-même, que sort l'idée de la survie ou survivance; c'est de cette double réflexion raisonnable de l'homme, sur lui-même et sur sa vie, que sort le concept des dieux. Mais concevoir plus d'un dieu, des dieux, c'est déjà être polythéiste. Pourquoi donc distinguer le fétichisme du polythéisme?

A strictement parler, le fétichisme est bien déjà du polythéisme. Il est permis cependant de réserver ce dernier nom pour une forme de la religion où la raison humaine, par des transitions graduées, s'est élevée à des concepts des dieux plus nombreux, mieux définis et par suite plus abstraits.

L'homme fétichiste, dont la raison est encore peu complexe, a sans doute moins de dieux qu'un polythéiste d'Athènes ou de Rome; les peuples encore aujourd'hui fétichistes n'en ont pas tant. C'est que dans le fétichisme, tous les objets de la Nature étant matière à devenir dieu, et dieu à tout faire, il suffit d'un petit nombre de dieux.

Dans un polythéisme, celui des Grecs par exemple, les fonctions des dieux se sont spécialisées, par suite

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