‹ Du rôle des mots composés dans les associations des états d'excitation du langageChapitre 32 sur 36 · HU · texte numérisé non relu

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Pfersdorff a fait ressortir la prédominance du facteur moteur du langage. Les réactions se font en formes de phrases et rappellent la digression, le «Weiterschweifen», décrit par Isserlin. Elles se distinguent cependant de celui-là en ce qu’il n’y a pas de fuite des idées du contenu, mais une fuite purement verbale et qu’il y à tendance à la persévération. Cet auteur distingue un type qui n’emploie que des mots composés. À ce type correspond l’énumération de mots composés qui, dans certains états maniaques, font leur apparition par accès. La formation spontanée de mots composés se voit encore chez des malades avec du délire d'influence. (Physikalischer Verfolgungswahn.)

Boumann trouve la répétition fréquente du mot provocateur, des associations dépourvues de sens, des manques de réactions complets et des réminiscences verbales.

Bleuler indique en plus l’irrégularité du temps de réaction, la persévération du mot provocateur ou de réponses, la répétition fréquente de la même association, la tendance aux associations médiates et ‘le changement des réponses avec les répétitions de l’expérience.

Aux malades manque (et c’est Bleuler principalement qui l’a démontré) la suite dans leur idéation. D'un côté, les réactions les plus courantes et les plus naturelles ne se font pas, d’un autre, il se forme des associations des plus artificielles entre des représentations étrangères, parce que leur incompatibilité n’est pas remarquée, et cela pour une cause tout à fait externe. De là viennent les propos souvent si incompréhensibles de ces malades qui ont pour base la confusion de la pensée.

Cette confusion se manifeste dans les cas légers par une déviation plus facile, par des bonds, par des transitions brusques, par l'introduction de phrases inutiles.

Ainsi Pfersdorff trouvait à la lecture la tendance à faire des erreurs sans sens (la paralexie), à la persévération de certains mots, à des lapsus et des changements, d’où il conclut à une insuffisance de l’attention.

Souvent nous rencontrons des stéréotypies.

D’après Strantzky, la fuite des idées dans la démence précoce est toujours mêlée de persévérations et de «contaminations». Partout se fait remarquer ce manque de représentation directrice et, par suite, de construction logique dans l’idéation. Les fusions sans sens — que Strantzky nomme contaminations — sont encore mises en relief par l’emploi quasi mécanique des «copula» entre les parties isolées, sans égard pour le but. On comprend la justesse du mot de Forel qui parle de «Wortsalat», salade de mots. (1)

Dans la schizophrénie, les paralogies sont très fréquentes - et reconnues généralement.

Une belle étude d'ensemble sur les associations chez les déments a encore été fournie par Rohde qui a publié l’observation d’un certain nombre de schizo-

(1) La ,,salade de mots” existe quand il y a une production de mots absolument incohérents; maïs elle existe aussi quand la syntaxe est intacte et que, par le choix (énorme) du substantif, la phrase entière manque de sens. En outre il existe des productions du langage qu'on a appelé ,;salade des syllabes” où des syllabes seules, incohérentes, sont proférées. Cet état s’observe chez les catatoniques et il est comparable aux produits de certains aphasiques sensorielles (,,Jargon aphasie”).

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phréniques. Il réprend ce que Bornstein avait déjà dit quant aux excitations maniaques chez les déments précoces, qu’il se forme des malformations, des agrammatismes, des paralogies sur le terrain de l’indifférence. Il mentionne Aschaffenburg qui prétend que la tendance aux associations par assonance est en relation intime avec l'excitation motrice et que chez les maniaques les associations ont encore un sens, tandis que chez les déments elles en sont dénuées, elles ne seraient que des images auditives.

Jung et Ricklin ne sont pas de cet avis. Ils exphiquent les associations par assonance par la diminution de l’élément intellectuel «dla Verflachung», par l'augmentation des fo-mes motrices et des associations .

par assoñance.

Rohde combine ces deux points de vue en disant que les associations par assonance sont en rapport avec l’excitation motrice qui, el'e, est aussi condi-

tionnée par la perte de l’attention.

Dans les rimes qui sont faites dans les deux psychoses, 1l y a certaines différences. Le maniaque forme des vers nouveaux, le dément imite. Rohde cite encore Redepfennig qui a été frappé par la fréquence des compléments de mots provocateurs en des mots composés. Un résumé de Rohde donne comme caractéristique de la démence précoce la répétition du mot provocateur, les compléments, les réactions motrices, des interjections, des manques de réaction avec des réactions suffisantes ou de la salade de mots.

D'après Bornstein, les états maniaques chez les catatoniques donnent limpression de quelque chose d’étranger qui est contre la nature, octroyé du dehors et n’est pas l'expression de la mentalité du sujet.

2e RTS

L’excitation fait généralement une irruption subite, explosive et pendant ces accès, il y a langage confits, salade de mots, verbigération. Les malades sont inaccessibles, la conscience et l'orientation restent intactes. L/affectivité est dans la plupart des cas indifférente. Bornstein insiste longuement sur les causes d'erreur. Dans les manies, l’affectivité n’est pas nécessairement gaie. Les réponses peuvent simuler du négativisme, du maniérisme. Une excitation psychomotrice avec inhibition intrapsychique, peut simuler la démence. Souvent des états maniaques sont accompagnés de symptômes catatoniques, mais qui

sont passagers

et inversement, l'excitation schizophrénique peut démontrer des signes d’excitation maniaque. Où les deux sortes de symptômes coïncident, ceux de la démence ont une valeur supérieure à ceux de la manie. Toujours, il faut prendre en considération ’anamnèse, l’évolution et la terminaison. JL/excitation du dément précoce s’exprime par la ‘confusion du langage avec beaucoup de néologismes; à certains moments le catatonique excité peut être plus accessible. La déviation de l'attention se trahit par ce détail que dans le bavardage verbigératoire, il y a des mots retenus des questions posées ou des objets présentés. [1 peut y avoir des nuances dans l’affectivité. Les stéréotypies sont plus constantes que dans l’autre

excitation,

Pierre Delaon cherche encore à donner et à expliquer les différences entre les deux psychoses. Dans la schizophrénie, l’automatisme domine. Plus la désorganisation des forces synthétiques est accentuée, plus la pensée devient la proie des ressemblances et des contiguités verbales habituelles. Mais cela n’a pas

la valeur des jeux comme chez Îles maniaques.

Rd

Ce n’est pas l'effet d’un besoin de dépenser un surplus d’activité, mais celui d’un fonctionnement à vide du mécanisme mental.

Le diagnostic des différents cas ne prête guère à des doutes, quand on envisage les cas en entier avec leurs anamnèses et leurs évolutions. Ce qui nous intéresse ce sont les phases d’excitation, où la question est beaucoup plus difficile. Nous n’envisagerons d’abord que les deux premiers cas de M. et de R. L'évolution de leur affection démontre des symptômes catatoniques classiques. Chez M. on peut voir des accès de stupeur avec du mutisme. Il a des mouvements maniérés, des stéréotypies et des pararéactions. Chez R. reviennent depuis des semaines et des mois, les mêmes phrases avec les mêmes idées délirantes. Il manifeste notamment du délire d'influence. A différentes reprises, 1l forme des néologismes. Les phases ultérieures sont donc manifestement catatoniques et, Si les malades ne représentaient que ces symptômes, leur observation ne mériterait pas une publication. C’est à l’état aigu que nous savons que le diagnostic différentiel de la schizophrénie est difficile et par là, intéressant, et les différentes phases de la schizophrénie n’ont pû être considérées comime manifestations du même processus morbide que grâce à la constatation clinique suivante: les symptômes moteurs isolés (et cet isolement est fonction de la dissociation) se trouvent en grande quantité à l'état terminal. On s’est donc dit que ces symptômes étaient des symptômes spécifiques à la maladie, et qu'il importait, pour faire le diagnostic juste dans des cas récents, de dépister ces symptômes de dissociation déjà à l’état aigu. Nous essayerons donc de voir, si

Ce,

nos deux cas présentent aussi ce phénomène. qui appartient en commun à presque toutes les formes de la Schizophrénie, savoir, si certains symptômes peuvent déjà à l’état aigu être caractérisés comme résultant de la dissociation.

Nos deux cas, à l’état aigu, présentent des symptômes maniaques classiques que nous allons passer en revue.

Dans les cas (M) I nous avons pendant longtemps et à différentes reprises, une fuite des idées qui se manifeste aussi bien dans les productions spontanées que provoquées. Un phénomène vraiment «maniaque» c'est la grande impressionnabilité aux excitations venues du dehors. Comme spécimen le plus typique de ces phénomènes il y a l'observation du 14. 3. 21, où 1l parle du temps, de la nouvelle lune, d’une presse hydraulique en voyant le sphygmomètre. L'aspect des cahiers verts provoque l'apparition d’un lieu commun, dasselbe in grün, puis viennent les «Randg'ossen», parce que l’on a écrit sur le bord d’une feuille, finalement une série d'associations tout à fait disparates. Dans les associations provoquées du même jour, cette fuite des idées est aussi manifeste que dans les associations spontanées. Des lacs des Vosges il saute aux châteaux puis à d’autres lacs, à des cascades et des poissons. Un'peu après, il est question de dragons, puis du vieux Zieten, des hussards prussiens. Il lui est impossible d’épeler puisque la concentration de sa pensée ne peut pas durer jusqu’à la

fin du mot.

Comme signes non moins caractéristiques de «manie», mentionnons le grand nombre des associations

externes par assonance, la prédilection du malade pour

RER te ps

les jeux de mots, la création d’une série de vers et l'usage de certains lieux communs. Les exemples ne manquent pas pour prouver la présence de ces symptômes aux différentes périodes. Peut-on produire des associations plus externes que, par exemple, der Statthalter gab ein B'umenfest und liess den Blumental einsperren. Avant la guerre, ja der Avanti. Avec Schule il combine Schüler maccaroni. En rapport avec printemps, il parle de, dents et de Dante. Les jeux de mots sont souvent bien spirituels. Citons les p'us frappants. Il dit par exemple qu’on a donné trop d’expli-d’implications ou Riche ist ein Restaurant au premier au Continental-Absatz ou Kôlnische Volkszeitung — K. V. ce qui veut dire Kriegsverwendungsfähig (apte au service armé) ou bien il utilise le contraste mit Gift — ohne Gift ou une partie d’un mot: der beste Laub ist der Urlaub. M. forme une fois des vers qui riment tous sur pôle: Métropole, maître Paul, être au pôle.

Une autre fois 1l cite: der Mutterliebe zarte Sorgen bewachen ihn am frühen Morgen ou bien Burg Nideck ist im Elsass der Sage wohl bekannt. Des lieux communs nous en avons déjà nommé.

Les nombreuses énumérations que le malade a fournies se voient dans la schizophrénie, mais le plus dans la folie maniaque dépressive. . Nous croyons que tous ces symptômes nous permettent bien de penser et de penser intensivement à la possibilité d'un état maniaque de la folie périodique.

Quels sont maintenant les symptômes maniaques dans le deuxième cas chez R.? Là, les causes d'erreur ne sont pas si nombreuses et surtout pas si fréquentes. À une phase d’excitation, dans un état maniaque il ne se trouve que le premier jour de son admission. Le

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