C. — Transformation des nundinae en jours
fastes par la loi Hortensia.
On fait valoir aussi comme un indice de cette juridiction la transformation des nundinae en jours fastes opérée par une loi Hortensia, que l’on place entre l'an 465,289 et l’an 468/286 en l'identifiant avec celle qui donna force de loi aux plébiscites (1).
Certains textes nous indiquent que c'était surtout le jour des nundinae que les plébéiens s’occupaient de la
liquidation de leurs différends. On a le droit d’en con-
ne constitue pas, nous l'avons déjà remarqué (v. suprä, p.23, n. 2), un argument suffisant. Il en est de même de l'argument tiré de Pomponius, D., 1, 2, De O.J., 2, 29 : Deinde (entre l'établissement de la préture pérégrine vers 512/242, et l'institulion des prétures de Sicile et de Sardaigne vers 527/227) cum essel necessarius mugistralus qui haslae praeessent, decemviri in (Haloander supprime in) litibus judicandis sunt constituli. Indépendamment de la faible valeur historique de ce texte {cf. sur ce point, Wlassak, Pauly-Wissowa, IT, 2, 1899, V. Centumoiri, p. 1937 ; Kuebler, Pauly-Wissowa, IV, 2, p. 2263 ; Girard, N. À. H., 1890, p. 334) et tout en repoussant l'opinion de Sanio, Varrontiana in den Schriften rüm. Juristen, pp. 121. 59, n, 96, partagée par M. Brassloff, op. cit., p. 182, d’après laquelle Tite-Live et Pomponius auraient tous les deux utilisé Varron, on peut néanmoins admettre la concilialion présentée par Sanio, op. cil., pp. 11. 143. 29-31. 81, et par M. Brassloff, loc. cit., du texte de Pomponius el de celui de Tite-Live. — Cf. Voigt, Studi giuridici in onore di Carlo Fadda, T, p. 154. Nous faisons d’ailleurs toutes nos réserves pour le rôle attribué là sans preuve à la loi Hortensia et pour l'interprétation fausse du deinde de Pomponius. Nous renvoyons d’ailleurs, pour l’ensemble des arguments qu’on a fait valoir contre l'identification des judices decemviri de Tile-Live et des decemvirs stlitibus judicandis, à Wlassak, Rümische Processgeselze, 1, pp.145 et ss., et à Brassloff, op. cit., pp. 176-182, — V. aussi les observations présentées par M.-Girard, Ord. jud., I, p. 23, n.2. (1) V. Girard, Org. jud., I, pp. 181-182.
clure que la juridiction des tribuns s’exerçait également le jour des nundinae. Lorsque, par suite de l’accessibilité des plébéiens aux magistralures de l'Etat, ceux-ci cessèrent d’avoir recours à leurs tribunaux spéciaux, il fut nécessaire, afin de leur permettre de conserver aux nundinae leur ancienne destination, d'en faire des jours ouverts à la juridiction du préteur (1).
Gette théorie est basée d’une part sur un passage de Granius Licinianus rapporté par Macrobe, 1, 16, 30 (2), qui atteste que la transformation des nundinae en jours fasles avait surtout pour but la commodité des paysans qui venaient à la ville les jours de marché, et d’autre part sur un texte de Denys d’'Halicarnasse, 7, 58 (3), et sur
(1) Cet argument a été développé par Huschke, das alle rômische Jahr und seine Tage, p. 309 ; Karlowa, die Formen der rümischen Ehe und Manus, 1860, pp. 114-115 ; Legisachionen, p. 312; Hartmann, Ordo judiciorum, pp. 108-112.
(2) Macrobe, Saturnales, I, 16, 30: Causam vero hujus varietulis apud Granium Licinianum libro secundo diligens leclor inveneril, ait eliam nundinas Jovis ferias esse, siquidem Flaminica omnibus nundinis in regia Jovi arielem soleat immolare, sed lege Hortensia effectum ut faslae essent, uli ruslici, qui nundinandi causa in urbem veniebant, liles componerent, nefasto enim die praelori fari non licebat. Hartmann, Ordo judiciorum, pp. 110-112, s'appuie sur l'expression lites componere pour prétendre que la loi Hortensia n'aurait pas fait des nundinae des jours fastes proprement dits, mais simplement des jours consacrés à la juridiction volontaire et à la nomination d'arbitres choisis par les parties. Karlowa, Legisactionen, p. 312, a contesté avec raison celte opinion en invoquant les derniers mots du texte de Macrobe et les expressions de Trebatius rapportées plus haut par Macrobe, I, 16, 28 : nundinis magistralum posse manumittere Jjudiciaque addicere — Cf. aussi, Karlowa, Formen der rüm. Elhe, pp. 114-115.
2 3 = s (3) Denys, 7, 58 : Es de raurarc muviovres àx Toy dypSv es Thy mous où