L INTERCESSION ET LA CAUTION JUDICATUM SOLYVI
cas de la missio in bona à la suite de l'intercession contre l'ordre de fournir caution.
Ce raisonnement est pleinement confirmé par la façon dont Cicéron enchaîne ses idées dans tout le cours de sa plaidoirie. Chaque fois qu'il y est fait allusion à l'appel à l'intercession tribunicienne, e’est toujours à propos de l'obligation imposée par le préteur à Sex. Alfenus de fournir caution. Jamais, au contraire, il n’est question de l'intercession tribunicienne relativement à la missio in possessionem.
Nous renvoyons d'abord, parmi les passages du discours qui montrent nettement le lien qui existe entre le recours aux tribuns et le refus de salisdare, à deux textes que nous avons déjà cités : 7, 29 et 20, 63.
Nous insisterons particulièrement sur l'opposition faite dans le dernier texte entre la jusla defensio et l'appel aux tribuns. « Non est islud judicium pali, neque judicio defendere, cum auxilium a tribunis pelas. » Cela montre clairement que l’ auxilium était réclamé afin de permettre à Sex. Alfenus de refuser son concours à l’organisation du judicium dans les conditions imposées par le préteur sans que ce refus eût pour conséquence de faire considérer P. Quinctius comme indefensus (1).
Il en est de même de la réponse faite par Cicéron à cel argument placé dans la bouche d'Hortensius, avocat de
Sex. Naevius. Cicéron fait observer que ce n’est pas re-
(4) En ce sens, Kuebler, op, cit., p. 67.
7ü DEUXIÈME PARTIE, — CHAPITRE PREMIER
fuser le 7udicium que de recourir à un magistrat qui a élé créé précisément en vue de l'auæilium. « Judicium quin acciperel in ea ipsa verba quae Naevius edebat, non recusasse, ila lamen, more et inslilulo per eum magistralum, qui auæilit causa conslilulus est». Le recours aux tribuns est caractérisé ici comme une recusalio légale.C'est donc bien contre les conditions fixées par le préteur pour l’organisalion du judicium qu’on demandait leur secours.
Cicéron l’affirme même une fois positivement.Considérant le parti que ses adversaires pouvaient tirer dans l'intérèt de leur cause de l'absence d’une inlercession effective et tenant, avant de contester leur argumentalion sur ce point, à la présenter dans toute sa force afin de la ruiner d’un coup tout entière, il reconnaît que si elle était juste Sex. Alfenus aurait dù fournir caulion.
Cicéron, pro Quinclio, 20,65. « Atenim tribuni plebis ne audierunt quidem. Fateor, si ita est,procuratorem decrelo praetoris oporluisse parere.»
On ne peut dire d'une manière plus nelte que l'intercession aurait eu pour objet l'obligation imposée par le préteur de fournir caution (1).
Nous considérons donc comme un point certain que la décision du préleur relative à l'obligation de fournir caution fut non seulement la cause de l'appel aux tribuns, mais que c'est contre cette décision que leur intercession aurait agi (2).
(1) V.Mommsen,op.cit.,p. 1098 — Juristische Schriften, Up. 557. (2) C'est l'opinion aujourd'hui unanime. V. en ce sens, outre