‹ Du Rôle des Tribuns de la Plèbe En Procédure CivileChapitre 67 sur 108 · DATE D APPARITION DE LA STIPULATION TRIBUNICIENNE · texte numérisé non relu

DATE D APPARITION DE LA STIPULATION TRIBUNICIENNE

uxortae se répandirent à leur tour dans la pratique (L), Notre stipulation peut en effet très bien avoir fonctionné d’abord uniquement à propos des actions nées des stipulations de restilution et s'être étendue ensuite à l’action ret uxoriae lors de l'apparition de cette dernière.

Cependant, en raison du caractère du rôle joué par le magistrat en procédure civile avant la loi Aebutia et aussi en raison des conséquences pratiques qui en résultaient très probablement pour l'intercession (2), nous considérons comme très douteux que la stipulation tribunicienne fût plus ancienne que la loi Aebutia.

En dehors du vers de Juvénal, 7, 228 (3), et probablement aussi du fragment d'Ulpien, Æeg., 7, 3, que nous venons d'étudier, nous n'avons pour l'époque du Principat aucun autre témoignage relalif à une intercession des tribuns de la plèbe en procédure civile dans une hypothèse déterminée.

Juvénal, 11, 7.

On pourrait être tenté d’y rattacher un autre vers de Juvénal, 11, 7, où le poèle, parlant d'un prodigue ruiné

qui est poussé par la misère à louer ses services à un

(1) Cf. Kuebler, op. cit., p. 52. Rudorif, rümische Rechisgeschichte, IE, $ 56, n. 2 (cf. Kuebler, op. cit., p. 52, n. 3), semble faire remonter notre stipulation tribunicienne aux tribuns militaires investis des pouvoirs consulaires, maïs c'est certainement une opinion erronée.

(2) V. suprà, pp.47-48.

(3) V. supra, pp. 159-161.

lanisla pour apprendre et exercer la profession de gla-

diateur, s'exprime à ce sujet dans les termes suivants : omnis

convictus thermae stationes, omne theatrum

de Rutilo, nam dum valida ac juvenalia membra

sufficiunt galeae dumque ardel sanguine, fertur

non cogente quidem sed nec prohibente tribuno

scripturus leges et regia verba lanistae,

Mommsen avait en effet tout d’abord pensé, à propos de ce texte, à une procédure semblable à celle visée par Juvénal pour les honoraires des maîtres d’écoie (1). D'après l'interprétalion primitivement donnée par Mommsen de notre passage, il y aurait été question d’un décret de magistrat par lequel le prodigue dont il s’agit aurait reçu l’ordre d’exéculer un contrat d'auctoramenlum passé par lui avec un lanista. Le prodigue aurait fait appel contre ce décret à l'inlercession d’un tribun de la plèbe.

Cette explication ne soulevail aucune difficulté de principe (2). Elle avait cependant le tort de supposer,

(1) Momimisen, Dr. publ., HE, p. 335, n. 1.

(2) Cette explication était en particulier parfaitement conciliable avec les mots ron cogenle, car, comme le croit avec raison M. Kuebler, Festschrift zu Ollo Hirschfeld, p. 55, n. 1, Juvénal voulait tout simplement faire ressortir par ces mots le caractère honteux de la conduite de Rutilus, qui se livrait ainsi à une profession dégradanté sans subir aucune contrainte, Mommsen, Eph. ep., VII, p. #10, n.# (cf. Dr. publ., IT, p. 380, n. 5) suppose que Juvénal faisait allusion par là à des cas déterminés où certaines personnes étaient forcées par les tribuns à conclure un contrat d’aucloratio, sans doute

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