‹ Du rôle du chirurgien dans les infectionsChapitre 18 sur 23 · CHAPITRE IT Infections généralisées · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT Infections généralisées

Tant que l'on crut à l’action directe des agents figurès, ou ensuite à la diffusion de leurs toxines par des voies déterminées, on pensa pouvoir réussir à arrêter les infections en coupant purement et simplement ces chemins qu'étaient censés suivre les produits infectieux, et empêcher leur migration.

Cette méthode, à laquelle se rattachent les hgatures des vaisseaux, les sections des troncs nerveux (Denucé), les __amputations même d’un membre entier dans le tétanos (Berger), était la traduction malheureuse d’un traitement chirurgical des infections en voie de généralisation.

Les découvertes de la nicrobiologie ne tardèrent pas à en montrer l'inutlité, souvent même le danger. Si quelquefois en effet, par une intervention chirurgicale opportune, il est possible de soustraire notre organisme à l’action d'un foyer infectieux quand il a réussi à s'installer en nous, 1l est des cas trop nombreux encore où rien ne peut s'opposer à la diffusion des poisons microbiens ou des microbes eux-mêmes. Des réactions générales sont la

preuve évidente de la déchéance de l'organisme avant que

la réaction locale classique ait eu le temps d'évoluer au point de pénétration de l'agent infectieux : l'infection est généralisée d'emblée, témoins ces péritonites sepliques

quituent sans qu'on puisse trouver de lésions anatomiques.

Dans bien des cas encore, sans manifestation générale, la

réaction locale se produit, mais le microbe a déjà réussi à

inonder nos issus des poisons qu'il a sécrétés (syphilis), et

dans ces cas, rien ne sert de s'attaquer à ce qui semble être

la cause, rien ne sert de poursuivre le. mal dans éette ma-

nifestation. Jamais, pour ne citer que ces cas, l'excision d’un chancre induré n'a empêché ni relardé l'évolution de la syphilis, trop souvent, la destruction ignée d'une plaie (Boyer) n’a pas empêché la rage ou le tétanos de se développer. De pareils imsuccès doivent être mis au compte d'une intervention trop tardive, mais cette tardivité est fatale, inévitable, étant donnée l'extrême rapidité avec laquelle se diffusent les toxines des microbes très virulents.

Et dans ces cas d'infection généralisée, qui peuvent se reproduire également quand la surface d'absorption des toxines a été considérable (grandes plaies chirurgicales ou traumatiques, séreuses), 11 semble que le chirurgien n'aie

plus rien à faire, et doive se résoudre à abandonner la lutte.

Onneconçoit pas en effet d'opération chirurgicale qui puisse

dans les infections générales s'opposer à la formation des ab-

cès mélastatiques, jouant chacun secondairement le même -

rôle que le foyer prinutif, pas plus qu'aucune intervention ne pourrait dans un cas de variole ou de rhumatisme articulaire triompher des désordres si variés qui se manifestent et qui résultent simplement de l'infection par les toxines

microbiennes de toutes les parties de l'organisme.

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Cependant, toutes les fois qu une infection généralisée d'emblée, où tendant à se généraliser apparaîtra, le chirurgien devra encore intervenir. Nous avons déjà cité les cas où, favorisant le processus d'élimination des escarres, il évite la diffusion des toxines, nous en rapprochons ceux dans lesquels le curettage ou l'irrigation continue d'un utérus infecté ont empêché l'infection de continuer des ravages, que l'élévation de température, les grands frissons, les vomissements ou des troubles Iocaux avaient pu faire redouter.

L'infection installée, l'organisme atteint dans sa lotalité, l'action chirurgicale ne sera-t-elle plus d'aucun secours ? — Pour qu'une action (hérapeulique quelconque soit utile, elle doit réunir diverses conditions que Verneuil a résumées en disant qu'elle doit être « facile, b'nigne, eicace » — ; ayant à intervenir contre une mulütude de foyers situés dans la totalité de nos tissus, on conçoit aisément qu'elle ne puisse posséder aucune de ces trois conditions.

Cependant, dans ces derniers temps, la chirurgie à essayé de réagir contre ces adultérations de notre économie. Ne pouvant porter son action thérapeutique dans tous les tissus à la fois, elle a cherché à modifier l'élément qui se retrouve dans tous sans exception: le sang.

Les injections intra-veineuses où sous-cutanées de sérum arüficiel, que nous voyons chaque jour rendre de si grands services dans le traitement des infections ont un double but : elles peuvent avoir une action dynamogénique, c'est leur raison d être dans les hémorragies graves

— et à côté d'elle, une action antiseptique générale si

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on peut dire, soit quelles exagèrent le pouvoir phagocytaire des globules blancs, en favorisant par là la destruction des agents pathogènes, soit qu'elles agissent mécaniquement en lavant le sang. Dans ce cas, elles collaborent

largement à la dilution des produits toxiques qu'ilcontient,

et dont il se charge en circulant à travers nos tissus. —

Les quantités considérables de liquide qu'on injecte aug-

mentent la pression dans l'appareil circulatoire, et par Lx favorisent le jeu des émoncioires (reins, peau, etc.) destinés

à laisser les produits nocifs s'écouler hors de l'organisme.

. Les auteurs qui ont étudié cette thérapeutique spéciale des infections par le lavage du sang lui attribuent encore une action shimulante sur le système nerveux pouvant en augmenter encore l'efficacité; nous nous contentons de la signaler en disant toutefois qu'il résulte d’une récente discussion au sein de la Sociélé de Chirurgie, que les chirurgiens leur attribuent une grande part de leurs succès dans bièn des cas d'infection commençante.

Toutes les Tois qu'une infection sera généralisée, c'està-dire, quand l'organisme après la défaite de tous les moyens qu'il peut mettre en jeu pour lutter contre les agents infectieux, sera envahi dans sa totalité; quand, près de succomber , il ne pourra plus que témoigner par des réactions d'ordre général des derniers efforts quil fait pour se débarrasser de son ennemi, la tâche du thérapeute devra se borner à seconder ces efforts : il ne pourra plus efficacement combattre l'ennemi lui-même et pour aider ces manifestations toutes physiologiques le chirurgien n'aura plus qu'à se servir des procédés thérapeutiques qu'il aura empruntés au médecin.

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