CHAPITRE X
GUBRRB8 BNTRB PmiiIPPB-AUGU3TB ET HEJ^RI II,
Les récits contenus dans les razos, rapprochés de ceux chroniques , nous offrent un curieux exemple de la façon dontforme une tradition populaire. Dans une série d'événements, i a toujours un caractère dominant et certains personnages qui fri- ^ peut surtout T attention publique : c'est ce caractère que saisit jiZ- ^■ ou moins exactement la tradition ; c'est de ces personnages, à !'• < clusion de tous les autres , qu'elle s'empare , et elle ramèng=5 eux, bon gré mal gré, tous les faits qu'elle s'assimile. Ainsi, pcn^t les guerres qui mirent Philippe- Auguste aux prises avec Henri Jl puis avec Richard Cœur de Lion , c'est la lutte entre Richarde H Philippe qui subsiste seule dans la tradition , telle que nou^ -/a trouvons dans les razos ; la part de Henri II est complétemei?^ omise. Ce qui a contribué d'ailleurs beaucoup à cet oubli d^ Henri II par les razos , c'est que Bertrand de Born met cons^ tamment Richard en avant dans ses poésies.
Il en résulte que les razos attribuent au temps des guerres entre le roi Philippe- Auguste et le roi Richard plusieurs 'sirventes antérieurs, et qui doivent être rapportés aux guerres entre Henri II et Philippe- Auguste.
Les causes de la lutte entre Henri II et Philippe- Auguste sont diversement exposées par les chroniqueurs : d'après Rigord (1), Philippe- Auguste réclamait l'hommage de Richard pour le comté de Poitou, formalité que Richard différait toujours. En outre, Philippe-Auguste demandait la restitution de Gisors et autres places livrées par Louis Vil, son père , comme dot de sa sœur Marguerite, avec stipulation de retour au roi de France , en cas de mort sans enfants. Mais Raoul de Dicet (2) nous dit que , le 10 mars
(l) Hiftof. de France, t. XVII. p. 23.
(2)Twy8den, col. 630,