‹ Du rôle historique de Bertrand de Born (1175-1200)Chapitre 39 sur 47 · MANUSCRITS DE PARIS A ET F · texte numérisé non relu

MANUSCRITS DE PARIS A ET F

Le manuscrit Riccardi de Florence et le manuscrit J de Milan sont des copies du ms. de la Bibliothèque Chigi (i). Ils renferment tous les deux les mêmes pièces , dans le môme ordre, et accompagnées des mêmes razos. Nous avions cru d'abord , d'après les descriptions de VArchiv de Herrig, que le ms. Riccardi et le ms. X différaient du ms. en ce que ni l'un ni l'autre ne contenait la pièce Cazuts sui. Mais l'examen des manuscrits nous permet de rectifier les descriptions de VArchiv : la pièce Cazuts sui se trouve dans les manuscrits de Florence et de Milan ; mais elle n'a pas été remarquée par le docteur Grûzmacher , parce qu'elle n'est pas précédée, comme toutes les autres, de la rubrique Bertrans de Born, et qu'elle vient, sans séparation aucune, immédiatement après la pièce Lo co}ns ma : cette particuliarité est une ressemblance de plus avec le manuscrit Chigi, loin de constituer une différence. Les auteurs de nos deux manuscrits constatent d'ailleurs eux-mêmes leur communauté d'origine : l'un et l'autre déclarent avoir copié un chansonnier provençal appartenant à Marcello Adriani. Malgré cette déclaration peu équivoque, Sainte-Palaye prétend que le ms. Riccardi est plus complet que le ms. Chigi , dont il est cependant une copie : cette affirmation , contradictoire dans ses termes , vient probablement d'une fausse interprétation de la petite préface du ms. Riccardi , dans laquelle Pierre Simon raconte qu'après avoir fait copier le ms. de Marcello Adriani , il l'a soigneusement collationné; mais il ne l'a point complété. Du reste, la comparaison du ms. Riccardi et du ms. Chigi nous permet d'affirmer qu'ils sont identiques.

Il résulte de ces observations que le ms. 0, actuellement dans la

Bibliothèque Chigi , doit être l'ancien manuscrit de Marcello Adriani ,

bien qu'il ne porte aucune indication d'origine. Le ms. X et le ms. Ric-

cardi en émanent, et l'on peut écrire : |

X, ms. Riccardi.

(1) Cf. Stengel , Die pfovenzalische BiumerUese der Bihlioteea Chigiana*

Le ms. 465 de PAmbrosienne, que nous désignons par X, contient un certain nombre de manuscrits différents , dont la reliure constitue le seul lien. Outre la copie du ms. Chigi , dont nous venons de parler , et qui porte le n<» 25 , nous y trouvons , sous le n» 30 , une courte biographie provençale de Bertrand de Born , et sous le n<» 32 une table du ms. provençal de Mocenigo. Cette table, en ce qui concerne Bertrand deBorn^ reproduit exactement Tordre suivi dans les manuscrits de Paris A et F.

Le ms. de la Bibliothèque Chigi (n® actuel : L. IV, 106 ; ancien numéro 2348) est un des plus importants que nous possédions pour Bertrand de Born ; il est le seul des manuscrits originaux d'Italie qui contienne les razos des sirventes; et son antiquité (fin du treizième siècle) le recommande à notre attention.

C'est un manuscrit en parchemin de 102 fol. , relié en basane verte. Les pièces de Bertrand de Born y sont précédées d'une anthologie ; elles commencent au fol. 62 v».

Les mss. A et F. de Paris étant les seuls, avec le ms. Chigi, qui contiennent les razos des sirventes, il est intéressant de rapprocher ces trois manuscrits entre eux. Les ms. A et F contiennent 37 pièces de Bertrand de Born , et , dans Tun et l'autre , la première de ces pièces qui soit accompagnée d'une razo est la 19«. Voici, à partir de cette 19®, l'ordre des poésies de Bertrand dans les mss. A et F , et , en face , l'ordre du ms. Chigi :

Mss. A et F.

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