‹ Du rôle historique de Bertrand de Born (1175-1200)Chapitre 40 sur 47 · Mos chantz fenis · texte numérisé non relu

Mos chantz fenis

Les pièces 10 et 11 du ms. sont : Ben volgra reis fos devis , qui se

trouve parmi les 18 premières ies mss. A, F, et Quan la floreUa, qui est la 36<> des mss. A > F. Le ms. contient 4 pièces de plus (21 à 25) , qui 9e trouvent toutes parmi les 18 pi*emières de A , F : elles n'ont plus de razos explicatives.

Les petites différences d'ordre s'expliquent facilement. La pièce A Le^ mozin est intercalée dans la razo du sirvente Eu mescondisc ; or , les razos précèdent les pièces dan^ le ms. , et les suivent au cooti*aire dans les mss. A , F : de là l'interversion des deux pièces dans les listes cidessus. La pièce Quan vei lo temps est placée d'une façon plus naturelle dans les mss. A , F que dans le ms. 0, puisqu'elle est d« fils de Bertrand de Born, comme le constate la razo qui l'accompagne. La 10® pièce du ms. a été négligée par les copistes de A » F, parce qu'ils l'avaient déjà copiée précédemment , d'après une autre source selon toute vraisemblance; et la 11®, passée par mégainle, a été reportée à la fin, immédiatement avant la pièce de Bertrand le fils. Nous raisonnons ici dans l'hypothèse, non pas d'une copie du ms. par les auteurs de A, F, mais d'un original commun dont reproduit l'ordre. En désignant par A^ et F« les 19 dernières pièces des mss. A et F, par a« l'original commun des mss. A et F, et par x l'original commun de A, de F et de O, nous pourrons donc résumer ces rapprochements par la formule :

ac O

Ac, Fc. X, ms. Riccardi

Nous supposons que le ms^nuscrit reproduit plus exactement l'ordre du manuscrit x que les manuscrits A, F, pour deux raisons principales : 1® parce que l'interversion de l'ordre primitif s'explique plus facilement en admettant cette hypothèse, comme nous croyon3 l'ftvoir démontré, et 2° parce que les manuscrits A et F ont évidemment changé l'ordre du manuscrit primitif en ce qui concerne les razosj^ dont chacune annonce la pièce qu'elle explique , ce qui prouve qu'elle doit êtA*e placée avant , tandis que les manuscrits A, F ont adopté l'ordre inverse.

Le ms. XLV, 80, de la Barberine, est un manuscrit en papier du commencement du dix-septième siècle , contenant : Âlcuni canzoni provenzali fatti nel 1200 incirca per la ricuperazione del santo sepolcro, con due grammatiche deUHstessa lingua. Nous y trouvons une courte biographie de Bertrand de Born (fol. 25) , et {fol. 27) la pièce Ara sai eu de prez qals las plus gran , que l'auteur du manuscrit attribue à un incertain , bien qu'il l'ait trouvée parmi les pièces de Bertrand de Born. Il y a en outre, au fol. 26, la pièce Nostre seigner somonis.

Le texte de ces deux pièces est absolument identique dans le manuscrit de la Barberine et dans le manuscrit Chigi, où elles se suivent d'ailleurs. Nous pouvons en conclure que le ms. dé là Barberine est une

copie du ms. Chigi. Nous ajouterons que c'est probablement une copie directe , sans l'intermédiaire d'un autre manuscrit tel que le ms. Riccardi ; car elle reproduit fidèlement certaines particularités orthographiques du ms. 0, par exemple filips , au lieu de philips que donne le ms. Riccardi, etc.

LES MANUSCRITS DU VATICAN ET CELUI DK MODÈNE. — NOUVEAU RAPPROCHE- MENT AVEC LES MANUSCRITS A ET F DE PARIS.

Le ms. J du Vatican contient le môme nombre de pièces de Bertrand de Born, et dans le môme ordre, que le ms. G de Paris; et tous les philologues qui ont eu occasion de parler de ces deux manuscrits considèrent celui du Vatican comme une copie de celui de Paris. Nous avions eu quelques doutes sur ce point en lisant la description du manuscrit du Vatican dans VArchiv de Herrig (t. XXXV, p. 94 et 95) : les premiers vers donnés par cette description différaient très-sensiblement des premiers vers du manuscrit de Paris, et étaient absolument défigurés. Mais, depuis» nous avons pu nous convaincre que ces grosses fautes de lecture étaient imputables, non à l'auteur dums. Vatican, mais au collationneurdel'idrxhiv , qui imprime par exemple Mantz senemes quand le manuscrit porte Mantz serventes.

Le précieux ms. N du Vatican est un manuscrit en parchemin, du treizième siècle. Il contient vingt-six pièces de Bertrand de Born (fol. 189 — fol. 197), précédées d'une miniature qui représente le troubadour avec ses armes : levrette d'argent sur azur , telles que les indique le P. Anselme. Bartsch, dans son Grundriss (p. 27), affirme que le ms. C de Paris est écrit par le môme scribe que le ms. N du Vatican , et l'on est frappé en effet de la ressemblance des écritures , ressemblance que l'on peut facilement constater en se reportant au 2® volume du Choix de Raynouard , où l'on trouve , sous les n^* 4 de la planche 3 , et 5 de la planche 4, des fac-similé des deux manuscrits. D'un autre côté, les huit pièces de Bertrand de Born contenues dans le ms, C se trouvent également dans le ms. N et correspondent dans le même ordre aux pièces 2, 3, 8, 11, 19, 20, 25 et 26 de ce manuscrit. — En désignant par n le manuscrit original, nous nous demandei'ons si le scribe s'est servi, pour écrire le ms. C, de sa première copie N ou de l'original n. La question est importante , parce que, dans le premier cas, nous n'aurons à tenir aucun compte du ms. C; tandis que, dans le second, il pourra nous fournir de meilleures lectures que le ms. N. Le l®"^ vers de la 5« strophe du sirvente Pois lo gens nous apporte la preuve évidente que c'est la seconde hypothèse qu'il faut adopter.

En effet, le ms. N donne : Lo bons reis Garsia Ardbitz. et le ms. C : Lo bons reis Garsia Ramitz,

C'est donc le ms. C qui a la bonne leçon ; or, il est évident que si le

scribe avait copié sur le ms. N, ayant sous les yeux la mauvaise lecture de ce manuscrit, il n'eût pas spontanément retrouvé la bonne.

On a donc à tenir compte du manuscrit G, et nous pouvons écrire:

U est un autre manuscrit dont le rapprochement avec le ms. N. est plus intéressant encore. C'est celui de Modène. Ce manuscrit se compose de trois manuscrits distincts, dont le troisième est en papier; nous désignerons ces trois subdivisions par U», \}^ et U* .

C'est le ms. U», du treizième siècle, que nous avons d'abord à rapprocher du ms. N. Pour mettre plus de clarté dans notre exposition , nous dresserons d'abord un tableau comparatif de l'ordre suivi dans les deux manuscrits pour les pièces de Bertrand de Born.

Ms. C.

Ms. N.

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