‹ Du rôle historique de Bertrand de Born (1175-1200)Chapitre 45 sur 47 · Bem platz lo · texte numérisé non relu

Bem platz lo

Le ms. V contient de plus que le ms. Q la seule pièce Cati vei pels, qui vient la 6*.

On voit qu'il y a un rapport très-direct de contenance et d'ordre entre CCS deux manuscrits. De plus, l'un et l'autre attribuent la pièce Bom platz lo dolz temps à Blancazim. Nous admettrons donc un manuscrit v, source

commune de Q et de V, et nous aurons : |

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Cette ressemblance entre les deux manuscrits a'permis à M. Grûzmacher de publier moins témérairement, dans le 36« vol. de VArchiv, le ms. V, qui est d'une lecture difficile , au moins dans la partie ajoutée par la seconde main ; le ms. Q avait été en eflfet publié dans le volume antérieur, et a pu guider pour la lecture du ms. V. L'emploi de ce procédé , que n'avoue pas VArchiv , devient évident , si l'on remarque que les lacunes dans la publication du ms. V correspondent précisément à des lacunes dans le ms. Q, par exemple l'absence de la pièce Can vei pels. De môme, si la pièce Bem platz lo n'est pas publiée en entier dans le 36® vol., c'est que le texte du ms. Q difiPère beaucoup, pour cette pièce en particulier, du ms. V, si bien que l'on est obligé d'admettre , pour ce sirvente , un autre intermédiaire que le ms. v entre les deux manuscrits. Il était regrettable que la fin de la pièce Bem platz lo R'eût pas été publiée d'après le ms. V ; car elle contient précisément dans ce manuscrit une strophe de plus que dans tous les autres. Voici cette strophe :

Amor vol drutz cavalcador Franc d'armas e lare de servir, Gen parlan e ben garnidor, Tal qe ben sapcha far e dir, E for e dinZ son hostagie , Segon lo poder qe li es datz , E sla d'avinenz solatz , Cortes e d'agradatge :

Adonc aital drutz viatz S'esmenda de totz sos pecatz.

En second lieu , bien que le ms. V attribue ce sirvente à Blancazim , U est le seul avec un manuscrit de Paris , le ms. H , à contenir un petit

envoi recommandé à Papiol , jongleur de Bertrand de Born , envoi qui ne permet pas d'attribuer le sirvente à un autre troubadour (Voir notre chapitre des Poésies diverses).

Le ms. V se distingue entre tous pai* l'emploi d'un x doux à la place de 1*5 ou du c cédille. Or, on sait que l'a? doux est une particularité du dialecte vénitien. Il y a donc lieu de croire que le scribe du ms. V (1) était Vénitien , ou du moins celui du ms. v. Pour admettre cette dernière hypothèse, il faut trouver aussi des traces de l'a? doux dans le ms. Q. On eu rencontre , en effet , quoique beaucoup moins que dans le ms. V ; on lit notamment Coxenz au 5« vers avant-dernier de la pièce Sabrils /bi{/(Z5; presque partout ailleurs \'x doux est remplacé par un c cédille , dont la fréquence dans le ms. Q étonne au premier abord. Le scribe du ms. v était donc Vénitien , et a laissé des traces de son dialecte dans sa copie : cette remarque n'est pas indifférente pour le degré d'autorité que l'on doit accorder aux variantes des ms. Q et V.

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