‹ Du Rôle Pathogène Du Bacillus RamosusChapitre 14 sur 20 · L..., âgé de 31 ans, entre dans le service le 25 février · texte numérisé non relu

L..., âgé de 31 ans, entre dans le service le 25 février

de

1937 pour oreillons compliqués d’orchite du côté. droit. La température est très élevée à 41°4. Le pouls est à 130°. Le malade se plaint, en plus de sa douleur parotidienne, de douleurs lombaires et de céphalée. L'examen montre une tuméfaction parotidienne typique bilatérale avec tuméfaction de l’orifice de Sténon : de plus, orchite droite avec gros testicule douloureux, rougeur de la peau des bourses. Dans les urines, peu abondantes, quelques traces d’albumine et d'urobiline.

Une hémoculture en milieu aérobie et anaérobie montre la présence d’un Bacillus ramosus.

Le malade guérit sans incident après avoir gardé dans ses urines pendant plusieurs jours quelques traces d’albumine.

Choc thérapeutique pour abcès de l’amygdale.

(A. LEMIERRE, J. REILLY et H. BLOCH-MICHEL.)

E. L.., 26 ans, femme de chambre, entre le 27 mai 1936 à Claude-Bernard pour une angine qui a débuté 6 jours auparavant. L’amygdale droite est très tuméfiée, rouge, très douloureuse, d'aspect phlegmoneux ; la luette œdématisée et rouge; l’amygdale gauche est rouge mais non tuméfiée. Du côté droit existe un gros ganglion sous-angulo-maxillaire, douloureux à la palpation. Dans les urines on ne trouve que de l’urobiline.

Comme le traitement chirurgical par incision de l’amygdale et issue de pus n’amène pas une sédation suffisante des signes, il est pratiqué une injection intraveineuse de 5 ce. d’électrargol. A la suite d’un violent frisson, la température monte à 40° ; à ce moment on pratique une hémoculture anaérobie et aérobie. Au bout de 48 heures, en milieu anaérobie, se développent quelques cultures de Bacillus Ramosus.

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En 48 heures la température retombe à la normale et l’abcès amygdalien guérit.

Deuxième observation de choc thérapeutique pour abcés de l'amygdale.

(Obs. LEMIERRE et J. REILLY.)

Chez un patient, atteint de phlegmon de l’amygdale, l’hémoculture pratiquée en pleine réaction de choc provoquée par une injection intraveineuse d’argent colloïdal, donne quelques colonies de Bacillus Ramosus ; la guérison a été très rapide.

Brülure de l’avant-bras compliquée d'érysipèle et d'abcés rétro-olécranien.

(A. LEMIERRE et J. REILLY.)

Chez une femme de 29 ans se déclare un érysipèle du bras gauche, autour d’une brûlure siégeant à la face d'extension du coude, érysipèle qui est rapidement ameélioré par l’ingestion de chlorhydrate de sulfamido-chrysoïdine. Mais à la suite d'application sur la région malade d’un pansement imbibé d’oxyeyanure de mercure, se développe un érythème mereuriel qui envahit tout le bras et pour lequel la malade est envoyée à Claude-Bernard. Les jours suivants, l’éruption gagne le tronc. La température se maintient d'abord entre 37° et 38°, puis tombe à 37°, en même temps que l’éruption mercurielle pâlit. Après huit jours d'apyrexie complète, une collection suppurée se forme dans la région olécranienne gauche. En même temps la malade a un frisson intense et Ia température monte brusquement à 39°8. Une hémoculture pratiquée à ce moment donne quelques colonies de Bacillus Ramosus. L’incision, dès

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le lendemain, de l’abcès de la région olécranienne, entraine la chute immédiate de la température. Le pus de cet abcès contient une association de staphylocoques et de streptocoques sans aucun germe anaérobie.

Erysipèle de la face et accidents liés à la médicalion sulfamidée.

(A. LEMIERRE, J. REILLY el H. BLOCH-MICHEL.)

Mme P.., 51 ans, femme de ménage, entre le 23 juin 1936 à l'hôpital Claude-Bernard pour un érysipèle de la face.

La maladie a débuté le 16 juin par de la dysphagie, une sensation d’obstruction des narines avec léger écoulement nasal, par des frissons et une sensation de malaise général. Le 17 juin l’érysipèle apparaît au pourtour de la narine droite, envahit ensuite la moitié droite puis la moitié gauche de la face. La malade traite cet érysipèle par des applications d’alcool à 90° qui provoquent de vives douleurs.

Néanmoins l’état général s’améliore et quand la malade entre à l'hôpital la température est à 38°. À ce moment on constate l’existence d’un placard érysipélateux, rouge, chaud, peu infiltré, sans bourrelet périphérique net, occupant les ailes du nez et les joues, avec quelques éléments erratiques sur le reste de là face et sur le cou. Il existe une adénopathie cervicale droite peu importante, mais douloureuse.

L'état général est bon. L'examen des différents appareils reste négatif. Il n'existe aucun antécédent pathologique valable. Le malade reçoit chaque jour 3 comprimés de 0 gr. 50 de benzyl-para-amino-benzène-sulfamide. La plaque d’érysipèle rétrocède rapidement les jours suivants, la température tombe à 37°2 le 27 juin.

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Le 28 juin, la température monte à 38°4, atteignant 39° le 29 juin. Cependant l'état général reste bon, le pouls à 100, avec 28 respirations par minute ; la malade n'accuse qu'un léger malaise. La plaque érysipélateuse a complètement disparu. L'examen des différents appareils reste négatif. La diurèse, qui était de 1.500 cc. par 24 heures depuis l'entrée de la malade à l'hôpital, est tombée à 750 cc.

Le 30 juin, la tempéralure se maintient à 38°8. L'examen hématologique donne :

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Le 2 juillet, la température est à 38°4 le matin et 39°2 le soir ; pois. 4,895 932 respirations par minute. La veille est apparue, sur les membres supérieurs, une éruption maculeuse discrète. Cette éruption atteint son plein développement le lendemain. Il s’agit d’un exanthème morbilliforme généralisé à tout le corps, mais peu marqué à la face et prédominant sur les membres supérieurs, constitué de papules très saillantes arrondies ou ovalaires d’un demi à un centimètre, de coloration rose vif, s’effaçant à la pression. Cet exanthème s’accompagne d'une légère sensation de cuisson. Il n'existe pas d’énanthème.

Le 3 juillet, la température est le matin à 38°, le soir à 38°9. L'éruption est plus confluente, tout en continuant à rester discrète sur la face. Les éléments paraissent moins saillants. IIS confluent par places en larges placards. On suspend l'administration de benzylpara-amino-benzène-sulfamide,

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À l'examen hématologique :

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Le + juillet, la température tombe à 37° et s’y maintient les jours suivants. L’exanthème pâlit et disparaît complètement.

Le 12 juillet, on constate à l’orifice de la narine droite une macule rouge qui fait craindre une rechute d’érysipèle. La température du soir est à 37°8. Elle se maintient d’ailleurs depuistla veille entre 37°2 et 37°6. On prescrit trois comprimés de benzyl-para-amino-benzènesulfamide.

Le 13 juillet, la température du matin est à 38°8 ; on constate l’apparition d’un érythème généralisé, surtout marqué sur le dos et sur les membres inférieurs, constitué par de larges placards scarlatiniformes, larges comme une paume de main, séparés par des intervalles de peau saine, sauf sur les cuisses où ils tendent à confluer. Ils s’accompagnent d’une sensation de brûlure. L’éruption est plus discrète sur les membres supérieurs. Elle respecte la face et la poitrine.

La malade n’éprouve aucun malaise général. Le pouls est à 88. Le volume des urines de 1.500 cc. ; elles contiennent de l’urobiline, mais ni glucose, ni albumine. On cesse les comprimés de benzyl-para-amino-benzènesulfamide. La température du soir est à 38°6.

A l'examen hématologique :

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POV. neutro: 54:22 eee 79 % Poly: ÉOSiHO. NL Ne Res 0 % Moyens mono. ..:........... 10 Monoëytes ei, ere 4 TG Cymphoëytés"..,",,..:..1.420 6 %

Le 14 juillet, température du matin 37°4, soir 37°8. Il ne persiste plus que quelques placards scarlatiniformes sur le dos et sur les membres inférieurs. Mais sur la face antérieure des cuisses et sur les seins sont apparus quelques éléments maculeux de diamètre d'une pièce de cinquante centimes, non surélevés.

Le 16 juillet, la température est descendue à 37° et l'éruption a disparu.

La malade ne quitte l'hôpital que le 1* septembre, en raison du développement d’un abcès tubéreux de l’aisselle qui a dû être incisé.

Hémocultures : Le 30 juin, en milieux aérobie et anaërobie. En milieu anaérobie, apparaissent au bout de trois jours quelques colonies de Bacillus ramosus.

Le 13 juin, les hémocultures en milieu aérobie et anaérobie demeurent stériles.

Congestion pulmonaire puis hémiplégie droite. (Obs. de BoEz.)

R. L.., 54 ans, est admis à l'hôpital le 2 avril pour congestion pulmonaire avec une fièvre élevée : 39°, et en état de délire.

Une hémocullure pratiquée le lendemain de ladmission permet d'isoler 20 colonies de Bacillus ramosus pour 10 ce. de sang ensemencés. Le 28, se produit une hémiplégie droite avec aphasie. Une deuxième hémoculture, faile le 29, ne donne plus de ramosus mais 40 colonies de staphylocoques dorés pour 10 cc. de sang ensemencés. Au cours des jours suivants, la fièvre baisse

progressivement et disparait définitivement le 2 mai. Le malade quitte l'hôpital présentant toujours son hémiplégie.

Ce cas illustre de façon saisissante l'existence de la bactériémie : on voit se succéder chez le même malade deux hémocultlures positives à des germes différents : ramosus et staphylocoque doré que l’on peut considérer comme deux germes de sortie.

Dans toutes les observations précédentes, ce n’était pourtant pas par système que l’on avait procédé à l’ensemencement du sang, mais bien parce que à chaque fois un frisson, un clocher thermique justifiaient cliniquement une hémoculture. Leur lecture montre que l’on est en présence d’affections typiques qui ont évolué de façon logique et que le ramosus ne peut y être accusé d'aucun rôle pathologique.

Dans le cas de la mastoïdite avec thrombose du sinus latéral, l'étude au laboratoire du Bacillus ramosus recueilli montre non seulement que le sérum du malade n'agglutinait pas les germes, mais encore que le germe n'était pas pathogène pour les animaux de laboratoire. On ne peut donc, semble-t-il, attribuer à ce microbe qu’un rôle de germe de sortie.

De même l’évolution d’une méningite tuberculeuse, d’oreillons compliqués d’orchite, de deux phlegmons de l’amygdale, tout en faisant ressortir l’extrême diversité des cas où le ramosus peut passer dans la circulation sanguine en faveur d’une diminution de résistance préalable, ne permet de lui attribuer qu’un rôle de germe de sortie.

Dans les deux cas d’érysipèle, le ramosus a pu passer dans le sang au cours de phénomènes toxiques dus à l’ingestion prolongée de benzyl-p-amino-benzène-sulfamide, comme il était passé à l’occasion du choc colloïdo-

clasique déclenché par une injection intraveineuse d’argent colloïdal. Les collections suppurées qui se sont produites à la suite des phénomènes d'intoxication sulfamidée ne peuvent pas être rangées comme complication d'une septicémie à ramosus, celui-ci n'étant pas à leur origine.

L'observation de la congestion pulmonaire suivie d’hémiplégie établit encore le rôle de germe de sortie du Bacillus ramosus passé dans le sang, puisqu’une hémoculture suivante montre un autre germe sans changement subit de l’état général, et que l’évolution fut favorable.

Dans aucun cas on ne peut porter le diagnostic d’infection générale à Bacillus ramosus, car si ce dernier est susceptible de passer dans la circulation sanguine, ce n’est pas parce qu’il devient plus virulent, mais à la faveur d’un état de moindre résistance, et son apparition ne modifie pas sensiblement l’évolution clinique : il n’a vraisemblablement qu’un rôle de germe de sortie.

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