‹ Du Rôle Social du MédecinChapitre 10 sur 18 · LADY · texte numérisé non relu

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au travail n’est également pas la même; donc la première des choses à instituer, serait un examen médical établissant scientifiquement les aptitudes physiques, force, fatigue, mesurées au dynamomètre, au compas de Wagner. Le docteur Toulouse, dans une étude récente, fait ressortir fort justement ce contre-sens utilitaire en établissant un parallèle entre la machine et l’homme. La machine, on s’ingénie, dit-il, pour lui faire rendre le maximum de travail avec le minimum d'usure ; pour l'homme, rien de semblable, un empirisme aveugle et fatal gaspille ses forces. On n’adapte pas le travail à homme, on fait broyer l’homme par le travail. Question passionnante et d'avenir s’il en est, qui a été agitée au dernier Congrès d'hygiène. Done profit double pour l'employé et pour l'employeur d’une adaptation plus intelligente. Au reste, d’une série d'observations on a pu conclure que la taille et le poids sont inférieurs chez l’ouvrier à ce qu'ils sont dans la classe aisée, les ajournés y sont plus nombreux, que les accidents se produisent surtout à la fin de la journée de travail, que certaines affections sont inhérentes à certains travaux. Que conclure, sinon que le travail, ses conditions de production doivent être fixés scientifiquement par le médecin. On doit travailler pour vivre et non se tuer pour vivre, d'autant que le profit est moindre, grevé qu'il est des frais énormes d’assistance. Le tra-

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vail adéquat à l’homme, à sa force, à ses aptiludes, devra être coupé de courts et fréquents repos pour éviter la fatigue, et le docteur Toulouse conclut ainsi son étude :

< Etablir les règles du travail est un besoin économique et un devoir moral pressant, Accroître la production du pays en ménageant eten augmentant même ses réserves humaines, c'est une entreprise qui n'a plus rien de chimérique et peut êlre réalisée lorsque quelques hommes de bonne volonté, sans parti pris politique et sans préjugés, le voudront résolument. ».

Nous venons de voir l’ouvrier se tuant par un travail nor adéquat, mal dirigé, mal réparti. Il se fatigue, et fatalement il boit croyant réparer; il boit aussi, 1l faut bien le reconnaître, parce qu’il se nourrit mal. Il choisit mal ses aliments d’épargne. Que, mathématiquement, on établisse ce qu’il dépense physiquement et ce qu’il absorbe en calories, et nous constaterons le déficit à son détriment. Certains gourmets s’en vont disant: on ne sait plus manger en France. Erreur, on mange trop eton mange mal ; c’est ici que le médecin devra encore intervenir, déterminer les aliments nécessaires, établir une carte, alors, eh! oui, parfaitement, en quoi cela serait-l ridicule ? Pourquoi ne serait-il pas établi pour les ouvriers, comme il est fait pour les pensions et les soldats, des menus réguliers et établis en vue des forces à

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