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maine politique, ni allusions, Dieu nous en garde. Outre que le lieu et l'heure seraient mal choisis, notre souci de faire œuvre sincère y répugnerait. Ce que nous nous sommes simplement proposé d'établir, c’est la psychologie de la société et des médecins aux prises, cherchant ainsi à expliquer les conflits d'aujourd'hui, à prévoir ceux de demain.
Et d’abord, voyons quel est l’état d’esprit des deux parties.
D'un côté, la société essentiellement tourmentée, en gésine, qui sait, d’un socialisme d'Etat, ou de collectivisme, qui après avoir fait, il y a un siècle, la plus grande révolution peut-être pour obtenir l'affranchissement, l’exaltation de la personnalité, une répartition plus équitable des richesses et des charges afin d'éviter ce péril, l'accumulation des capitaux qui fait d’une majorité d'hommes les esclaves à merci d’une minorité ; pour nous donner enfin la liberté de conscience, voit ses acquisitions disparaitre une à une, la personnalité menacée par les syndicats,supprimée demain parlecollectivisme qui fera de l’homme une unité anonyme du corps social ; les capitaux par une absorption lente, mais fatale, s'accumulant à nouveau dans un nombre de de plus en plus restreint de mains ; la légion des salariés allant, de ce fait, sans cesse grossissant, la liberté de conscience indemne,affirme-t-on ; s'ajouant enfin à cela une soif d'argent, d'honneurs, de
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jouissance, un mercantilisme, une veulerie, une absence de sens moral décevants. Voilà, nous le craignons trop, l’état actuel de notre société.
De l’autre côté,nousavonsles médecins, hommes instruits, dévoués, bons par profession, dotés par le spectacle de la vie et des souffrances d’une certaine philosophie, mais des hommes quand même et comme tels exposés aux faiblesses, aux contaminations de l’ambiance.Aussi qu’ilsse hâtentde trouver le sérum préventif, vaccinateur qui leur permettra de combattre sans danger ni dommage cette terrible épidémie de l’argentet de l’arrivisme dont est en train d’agoniser notre si belle et si généreuse race. Comme le veut M. le professeur Grasset, qu’on puisse à la rigueur discuter la valeur scientifique d’un médecin, passe encore, mais sa haute valeur morale, cela jamais ! C’est M. le D' Legendre qui, à ce propos, pose dans la /evue de Déontologie le point d'interrogation suivant : «la médecine est une profession libérale, ce n’est pas un sacerdoce, car un sacerdoce ne suppose aucun intérêt matériel,sera-ce un commerce ? Nous sommes à un carrefour. »
En résumé, à l'heure actuelle, c’est la société qui le plus souvent domine, domestique le médecin, alors que pour le bien de tous, ce devrait ètre l’'inverse. Qu’exige trop souvent la clientèle du pralicien,moins des qualités scienlifiques,morales et de cœur que des qualités de complaisance, d’extério-
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rité, d’apparat. Comme l'artiste dont il tient, au reste, le médecin a perdu de son intégrité, sinon de sa moralité à se frotter au monde. Il s'est trop livré. Comme la religion dont elle dérive, la médecine etles médecins gagnent à conserver quelque chose d’un peu mystérieux. L'homme est un grand enfant auquelil faut en imposer pour son plus grand bien ; or, les idoles comme les grands chefs perdent à être vus de trop près et les autres hommes n’y gagnent pas, par contre. Cela est si vrai que jusqu’en 1452, les médecins étaient tenus au célibat, ce fut le Cardinal d'Estouteville qui les affranchit de cette obligation. Faut-il donc regretter le Lemps des ordonnances en lalin, peutètre !
De par sa fonction, de par sa destinalion, le médecin doit rester jalousement lui, dès lors que l’on veut être écouté, régenter les autres, il faut les dominer surtout de toute une hauteur morale. En agissant différemment, le médecin ne ferait que se diminuer d’abord, se perdre enfin. Au reste, les D' Lepage et Legendre l'ont bien compris qui disent : « Le médecin peut devenir l'ami de ses clients, mais non pas leur camarade, car il doit conserver toujours sur eux son ascendant dans leur propre intérêt comme dans celui de sa propre dignité ». Au reste, n'est-ce pas là même une des causes qui ont contribué à la décadence du clergé catholique qui, au lieu de s’en tenir à la lettre, à
l'esprit du Maître qui s’était choisi comme disciples et apôtres de simples pêcheurs, s'est éloigné de ces petits pour adulerles grands, absoudre leurs vices.
Personne dans notre société n'est davantage sollicité, exposé que le médecin pris sans cesse entre son devoir et les mille tentations qui lui sont offertes. Ayant de plus en plus besoin de lui, la société lui multiplie ses offres, mais aussi elle exige en retour qu'il se mette à son unisson de luxe et de lucre. Elle augmente ses frais, lui impose des besoins, lui signifiant bien qu’à ce prix seulement elle ira à lui et lui accordera sa confiance.
L'intérieur de nos jours joue vraiment un trop grand rôle, la preuve, cette malade citée par le D: Legendre à qui elle répondit : « Je ne regrette pas les deux louis que n’a demandés votreconfrère, mais vous savez son appartementne les vaut pas!» Après cela qu’ajouter, sinon que le médecin devra éndiguer, remonter ce courant néfaste, s'imposer uniquement par sa moralité, son savoir, faisant comprendre à ses semblables que, comme l’a dit Galien: « Il n’est pas possible de convoiter la richesse et en même temps de cultiver dignement la médecine, » ou bien il suivra et sera de ce jour vaincu.
On proclamera ce que l’on ose faire déjà, la faillite morale des médecins, et lorsqu'il voudra
Rabier : k
élever la voix trop tard on le réduira au silence par le « medice, cura te ipsum ! »
Ainsi donc le rôle du médecin grandit, grandit à tel point que demain peu d’actes de la vie de l'homme et de la société pourront s’accomplir sans son aide ou sans sa direction, de l’autre côté les charges qu’on lui impose augmentent,ses honoraires diminuent,et sa considération n’est plus qu’en raison directe de sa façade. À cela rien de surprenant, sinon de consolant dans les époques, lelle la nôtre, où l’argent seul est omnipolent. Qu'est le médecin, pour nombre de gens? Un marchand de santé, un marchand comme un autre et encore.
Que donne-t-il en effet, rien ou si peu, une ordonnance, une simple feuille de papier, cela ne pèse guère. Ce marchand de santé, on entend le payer le moins possible, quant à de la reconnaissance, n’en parlons pas, el pour ce qui est de la considération, combien en ont plus pour leur coulturière, leur modiste ou leur chapelier. Et c'est logique, cela se voit, les fait coter, tandis que la santé, les pelites infirmités, cela se cache, sixnore. N'est-ce pas le cas de répéter le verset de PEcclésiaste : O vanité de vanité ! De cela le médecin doit bien aussi un peu faire son Med cudpé, il a laissé entamer son influence morale en- ‘ore une fois en se mêlant trop au monde, en : laissant imposer par lui et cela juste au montoù la société, venant de rejeter tout frein