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Voir Barthélémy, Némésis, XXVIII, octobre

3. Le baron Portai au musée de Montpellier. Voir encore de Champmartin le portrait de Requiem au musée d’Avignon, le portrait de Louis-Philippe au musée de Saint-Etienne, le maréchal Clauzel (Salon de 1 833) à Versailles.

4. L'artiste, t. XI, p. 166. — Fourier au musée du Luxembourg, voir aussi, de Gigoux, le maréchal Moncey et Laviron au Musée de Besançon.

5. Ary Scheffer, dans ses portraits, est resté presque constamment, romantique. Voir Béranger au Musée Carnavalet ; le docteur Duval (1841) au Musée

de Caen.

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dehors même des Romantiques. Le portrait que Belloc fit de sa femme et que l'on voit au Louvre, bénéficie, avec évidence, des acquisitions du Romantisme.

VI. — Nous n’avons examiné jusqu’à présentque lesartistes et les œuvres par qui s’est affirmée la valeur novatrice du Romantisme. Mais le Romantisme, comme toutes les révolutions du goût, a entraîné avec lui des esprits faussés, exaltés, qui en ont exagéré ou dénaturé les intentions, des esprits superficiels qui n’ont développé que ses aspects les plus extérieurs ; il a prêté aussi à des gens habiles qui n’en ont voulu comprendre que ce qui était susceptible de succès.

A côté des œuvres que recommande à la postérité leur valeur propre ou l’effort loyal qu’elles ont coûté, il y eut donc des pages nombreuses oit les formules, que nous avons essayé de dégager, se trouvaient faussées par quelque côté. Ces pages, soutenues à leur apparition, par la mode ou par l’esprit de parti, sont aujourd’hui oubliées ou dédaignées. L’historien, cependant, ne les peut négliger : elles soulignent les principes mêmes qu’elles déforment ; elles ont, d’autre part, autorisé la plupart des attaques qu'a subies le Romantisme et ont largement contribué à le discréditer.

Ces déviations ou cette décomposition du Romantisme ont surtout trouvé leur prétexte dans la recherche de la vie ou dans celle du pittoresque.

La recherche de la vie conduisit à un double écueil. Les novateurs avaient opposé à la beauté sans saveur des héros classiques, des personnages aux types individuels fortement accentués. Cette substitution, qui permettait des études infinies, aboutit presque immédiatement, pour quelques artistes, à la création d’un poncif nouveau. Des cheveux longs, une barbe en pointe, des sourcils froncés, des nez proéminents et pointus, des pommetles saillantes exprimé-

rent uniformément les passions. Ce type conventionnel, auquel les jeunes artistes et les élégants essayèrent, quelque temps, de conformer leur propre visage, se retrouve, avec une si parfaite monotonie dans tant de morceaux peints ou dessinés qu’il est, même à distance, insupportable. On peut l’étudier dans les vignettes des Johannot, les estampes de Lemud, les tableaux de Guichard. Une Mort de Duguesclin 1 de Tony Johannot en prend un aspect presque caricatural.

D’autre part, des peintres, soucieux de donner à leurs œuvres l’intérêt d’une vie intense, entreprirent de rivaliser avec la littérature et essayèrent d’exprimer, par le dessin, des sentiments que la plume seule peut retracer. Il y eut des tableaux sataniques et une peinture fatale. Joseph Guichard peignait la Mauvaise pensée, où l’on voyait un misérable, le couteau à la main, inspiré par le diable ; il représentait, par opposition, la Pensée du ciel : un moine, les yeux perdus dans une mystique extase. Au Salon de 1837, le même peintre obtint un grand succès, tout au moins de curiosité, avec le Rêve d'amour . Auprès d’une odalisque endormie, un jeune homme, peint selon le type admis, rêvait à des images voluptueuses, tandis qu’un musulman jaloux s’apprêtait à le frapper d’un poignard. C’était terrible et noirâtre2.

On connaît la lithographie d’A. de Lemud : Maître Wolfram!?, où l’artiste s’efforcait d’exprimer les impressions mystérieuses provoquées par la musique. Remarquons-le, d’ailleurs, ces déviations du dessin et de la pensée, ne se rencontrèrent pas seulement chez des peintres s’exprimant par des moyens romantiques ; elles séduisirent des praticiens instruits sous des disciplines toutes différentes, et Joseph Guichard, qui nous en donne l’exemple le plus complet, était sorti de l’atelier d’Ingres.

1. Ancienne collection A. Rouart, a figuré à l’Exposition universelle de 1900.

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