‹ Du romantisme au réalismeChapitre 131 sur 268 · Chapitre iv, p. i5i et · texte numérisé non relu

Chapitre iv, p. i5i et

rupture, se montrèrent incapables de roideur systématique. Henri Lehmann, dans les Océanides (1846), associait à la science du dessin la recherche d’un agrément voluptueux1 2.

Même atténuée, même lointaine la réaction abstraite parut à d’excellents esprits, pernicieuse et détestable. Contre un « ascétisme pictural ' », contre des « ouvrages blafards d’artistes métaphysiciens 3 », contre le « renoncement volontaire aux ressources de la lumière et de la couleur », on proclamait, parfois avec éloquence, les droits de la vie. Des attaques violentes furent dirigées contre l’influence allemande, contre la manie byzantine, contre la passion du « gothique », c’est-à-dire contre l’étude des maîtres italiens du xive et du xv° siècle. Ingres fut surtout pris à partie et, si l’on distingua le plus souvent entre son génie propre et le caractère de son influence4 5, l’antipathie pour « l’école du sec » rejaillit parfois aussi sur lui-même. II fut attaqué, comme il était loué, sans mesure6.

Les critiques hostiles au catholicisme rendirent la peinture abstraite responsable du regain de peinture religieuse6, reproche injuste puisque le christianisme s’exprimait aussi bien par Delacroix que par Ilippolyte Flandrin. Le retour à l’antiquité fut, au contraire, accueilli avec une faveur presque unanime.

Les plaisanteries s’ajoutèrent aux colères. Théophile Gau-

1. Dessins au Musée d'Orléans. Voir Le Pêcheur de la Nymphe (Salon de 1837), au Musée de Carcassonne.

2. Henri Heine ( Lutèce ), le 7 février 1842; il oppose à cet ascétisme lexemple des Espagnols.

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