I. — Assaillie avec véhémence, criblée de sarcasmes, l’école
de David n’avait pas, jusqu’en i83o renoncé à la lutte. Il était aisé d’instruire son procès et de noter chez elle des signes de caducité; elle continuait cependant à se produire. Aux maîtres disparus, aux combattants lassés, se substituaient de jeunes artistes. Le Salon de 1827, le dernier qui se fût ouvert sous la Restauration, avait témoigné de l’intensité de leur résistance.
Cette vitalité apparente ne put surmonter la secousse imprévue et violente que détermina la Révolution de Juillet. Comme un malade soigné dans une chambre close et qu’un courant d’air vif vient assommer, l’Ecole, soumise brutalement. à des conditions nouvelles, s’effondra.
Le gouvernement nouveau paraissait favorable aux novateurs et l’on s’exagérait la hardiesse de ses tendances. Un public plus nombreux, moins instruit, moins assujetti aux traditions, allait désormais imposer ses directions aux choses d’art. Les préoccupations, enfin, que la Révolution avait développées, les aspirations vers une vie plus intense, ruinaient les abstractions esthétiques défaillantes.
Sans que, dans le domaine propre de la peinture, aucun fait caractéristique se fût produit, tout le monde sentit alors que l’Ecole était morte. Gérard, salué naguère, en 1827, avec sa Sainte Thérèse , par les applaudissements les plus bruyants, et qui devait à son habileté et à ses qualités personnelles, plus encore qu’à son renom de peintre, une autorité considérable vit s’évanouir subitement son crédit1.
Pour réagir contre cet abandon, il eût fallu des œuvres triomphantes. De telles œuvres ne se produisirent pas. Parmi les artistes survivants de la grande génération qui s’était jadis groupée autour de David ou lui avaient disputé le succès, les uns tels Meynier, Thévenin ou Garnier2, vieillis