‹ Du romantisme au réalismeChapitre 141 sur 268 · La peinture romantique , p · texte numérisé non relu

La peinture romantique , p

2. On y voyait les portraits de M. et Mme Pécoul de David, Austerlitz de Gérard, Jaffa, Eylau, Aboukir de Gros, Napoléon et les révoltés du Caire de Guérin, Napoléon recevant les clefs de Vienne de Girodet, des toiles de Cogniel, Paulin Guérin, Abel de Pujol, etc. Musset en rendit compte dans le Temps, 27 octobre i83o.

3. Exposition au profit des familles des indigents cholériques. David y était représenté par les portraits de Pie IX et du cardinal Caprara, Gros par Bonaparte aux Pyramides.

4- Exposition d’ouvrages de l’Ecole française au profit de l’Association des artistes ouverte au Bazar Bonne-Nouvelle en janvier 1846. On y avait rassemblé La mort de Socrate, Bonaparte , Marat, et des portraits de David, Bélisaire de Gérard, Hippocrate de Girodet, le Massacre des Innocents de Cogniet, etc. Nous avons déjà parlé des envois d’Ingres à cette exposition (ch. 1, p. 5i et ch. iv p. 177).

5. Voir dans l'Artiste, 18 janvier 1 846, un violent article de Paul. Mantz,

Une exposition hors du Louvre.

directe de chefs-d’œuvre entrés désormais dans l’histoire.

11 paraîtra fort naturel que des écrivains soient restés attachés à des convictions anciennes, qu’ils aient regretté le passé et exalté tout ce qui le rappelait. On pourrait relever des pages curieuses dans le Journal des Artistes qui parut jusqu’en 1841, dans les Annales du Musée fondées par Landon et continées jusqu’en 1 8 3 5 . Mais ces doléances avaient un faible retentissement et rencontraient peu de crédit.

D’ailleurs, devant la pénurie de travaux orthodoxes, les derniers zélateurs de l’Ecole étaient réduits ou à patronner des œuvres manifestement médiocres ou à étendre leur louange à celles des œuvres nouvelles qui les choquaient le moins. Ils glissaient du Beau idéal au juste milieu. Le seul des écrivains de ce groupe qui jouît d’une autorité personnelle et qui s’adressât au grand public, Etienne-Jean Deléclu/.e, dans ses feuilletons des Débats , subissait une évolution semblable. Ce négateur farouche de Delacroix était, quand ses préventions ne l’aveuglaient pas, un homme de goût et le respect qu’il professait pour David ne l’empêchait pas de rendre justice à quelques-uns de ses contemporains.

11. — Restait l'Institut. Bien qu’elle eût reçu dans son sein Ingres et Horace Vernet, avant i83o, et Delaroche en 1 832, la section de peinture n'en demeura pas moins, sous toute la monarchie de Juillet, essentiellement attachée aux traditions davidiennes. Garnier, Heim, Blondel privés de Gros en 1 835 et de Gérard en 1 83- , mais renforcés par Drolling1, Abel de Pujol, Picot et Couder, constituaient la majorité de la section. Ils trouvaient, en Bidault, un allié naturel, et recevaient un appui moins prévu de la part de Granet. Celui-ci était, pour le public, le peintre des Capucins. Aux

1. Il s’agit de Michel-Martin Drolling et non, comme l’a écrit M. Schneider. par inadvertance, de son père, Martin Drolling, « parent des petits hollandais ». mort en 1817.

yeux des artistes, il était un maître dans les effets de clairobscur. L’étude des jeux de lumière et des valeurs à laquelle il s’était exclusivement consacré, étude si étrangère aux préoccupations de l’École, avait fait de lui, par quelques côtés, un précurseur et un allié des Romantiques. Certains morceaux de large facture, tel le saint Louis déli- , vrant les prisonniers1 , pouvaient soutenir efficacement les thèses des novateurs. Peintre, il ne cessait de manifester, sous l’apparente monotonie de ses effets, un effort de renouvellement perpétuel. A côté de pages où le procédé dominait et qui sont gâtés par une excessive sécheresse 2, il produisit d’admirables compositions, comme La mort de Poussin, acclamée au Salon de ï 834 - L’œuvre était faite pour plaire aux Romantiques par son thème et par sa facture, aux Classiques par son ordonnance. Nous y reconnaissons aussi une observation directe et très intelligente de la vie. Cette observation, Granet la déploya plus librement dans la Salle d’asile qui parut en 1 844 •> et par laquelle il s’affirme précurseur valable du réalisme3. Mais le peintre, dont l’œuvre renfermait tant de principes de vitalité4, fut, à l’Académie, l’ennemi intraitable de toutes les audaces.

Jusqu’en 1839, Quatremère de Quincy continua à être le porte-parole officiel de l’Académie des Beaux-Arts. Il exprima, avec un dogmatisme attristé mais inlassable, les

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