‹ Du romantisme au réalismeChapitre 143 sur 268 · PAUL DELA1I0CHE. ASSASSINAT DU DUC DE GUISE · texte numérisé non relu

PAUL DELA1I0CHE. ASSASSINAT DU DUC DE GUISE

qui s’obtiennent par les influnces parlementaires plus que parles talents éprouvés »

L’Institut ne s’en tint pas aux paroles aigres et nous avons vu que, plusieurs fois, il refusa l’accès des Salons aux œuvres commandées par le Roi.

Sans autorité auprès du gouvernement, l’Institut fut également sans action sur les artistes et sur le public. Les discours académiques tombaient dans l’indifférence générale. Les proscriptions renouvelées à chaque exposition et sur lesquelles nous avons suffisamment insisté, rendaient l’Académie impopulaire et odieuse.

Tous ces faits entamaient le prestige de l’Académie sur la jeunesse. Il était difficile de passionner les jeunes gens pour un idéal dont la presque totalité des esprits s’étaient détournés. A défaut d’idéal, on ne pouvait les séduire par la promesse des faveurs de l’Etat, car le gouvernement, non content de protéger des artistes hérétiques, se refusait, parfois, à acheter des travaux recommandés avec insistance par l’Institut1 2.

Aussi les meilleurs éléments, les élèves de Rome euxmêmes, étaient malaisément maintenus dans les voies assignées. En 1 833, Quatremère de Quincy remarquait avec peine que « quelques élèves [de Rome] entraînés par un désir inconsidéré d’innovation, avaient essayé de L«uer des sujets empruntés à une littérature frivole, au lieu de chercher de plus hautes inspirations dans des ouvrages d’une autorité reconnue 3 ». Bézard ne s’était-il pas avisé de représenter ce sujet : « La sorcière, accroupie et murmurant des

1. Rapport du 28 septembre 1 844 sur les travaux de l’Ecole de Rome en

2. C’est ce qui arriva pour le Saint Laurent montrant les trésors de l'Eglise, envoi de Rome de Brissot (1846), malgré les recommandations chaleureuses de Raoul Rochette.

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