Salon de 1845 ( Curiosités esthétiques, p
harmonies colorées ; l’instant semblait favorable pour une peinture, dramatique à la fois et accessible.
Le Saint Georges vainqueur, de Ziégler, écartait son cheval du cadavre du dragon. Par un effet de lumière artificiellement ménagée le groupe se détachait en vigueur sur un fond noir indistinct. Une draperie, d’un rouge vénitien délavé, était la seule note positivement colorée ; l’armure du saint était indiquée avec une habileté spécieuse qui fut fort admirée. L’œuvre, en somme, était très ingénieuse, calculée pour donner l’impression de puissance et de fougue.
h' Exorcisme de Charles VI, de Brune, offrait, par son sujet, l’intérêt que recherchaient les peintres du juste milieu. Mais l’artiste ne s’était pas contenté de présenter une anecdote curieuse. Il avait prétendu mettre son développement I d’accord avec l’esprit de son thème : les costumes noirs, le groupement, l’effet des torches allumées concouraient à fortifier l’impression singulière provoquée par l’ardeur de la piété sombre et superstitieuse du prince espagnol.
Les critiques firent un grand succès à ces deux œuvres; ils étaient préoccupés de découvrir l’initiative libératrice qui mettrait fin à des querelles sans issue, furent sensibles à ce qu’il y avait de hardi et de relativement neuf dans un art qui subordonnait et ligne et couleur au langage de la lumière.
Lorsque le Musée espagnol fut ouvert au Louvre, il sembla que Véiasquez, Ribéra et Zurbaran eussent franchi les Pyrénées pour appuyer de leur autorité la tentative de Ziégler et de Brune. En 1839, Charles Blanc n’hésitait pas à mettre Ziégler et Brune sur le même plan que Delacroix et Decamps *, il regrettait môme que la Cléopâtre de Delacroix ne fût pas étudiée comme la figure de Brune1 2. Mais, un an