‹ Du romantisme au réalismeChapitre 15 sur 268 · Alexandre Barbier, Le Salon de 1839, pp. i5-i · texte numérisé non relu

Alexandre Barbier, Le Salon de 1839, pp. i5-i

2. Gustave Planche ( Revue des Deux Mondes, i5 avril 1847). Par contre, l’auteur anonyme du Salon de 1 8 33 dans Le National (25 mars 1 833) explique fort bien pourquoi les artistes peuvent et doivent se résigner à n’avoir « pas plus d’envergure que Nicolas Poussin, lequel faisait tenir tout le déluge dans une toile de quatre pieds ».

sont multipliées sous la monarchie de Juillet Le fait divers sentimental, la charge peinte, ont couvert les parois des Expositions. Pour toucher une clientèle indifférente aux idées, quelques peintres se sont laissés aller à la fantaisie superficielle ; d’autres, moins scrupuleux, ont glissé dans l’équivoque et la grivoiserie.

« Les œuvres d’art d’une originalité trop indépendante », écrit Alexandre Decamps*, « d’une exécution trop hardie, effarouchent les yeux de notre société bourgeoise, dont l’esprit étroit ne peut plus embrasser ni les vastes conceptions du f^éme, ni les Lrénéreux élans de l'amour de 1 huma» nité. L’opinion marche terre à terre ; tout ce qui est trop vaste, tout ce qui s’élève au dessus d'elle lui échappe La suite de ces études montrera le bien-fondé de ces doléances.

Plus d’un écrivain a protesté contre l’esprit île la bourgeoisie, Théophile Gautier a proféré de magnifiques déclamations :

Tout est grêle et mesquin dans 'elle époque étroite...

Le riche, gorgé d'or, marchande son salaire...

Par d'ignobles pensers la foule poursuivie.

Sans avoir compris rien, retourne à son comptoir1 * 3.

Plaintes superbes et vaincs. Plus avisés ceux qui, constatant le fait inéluctable . essayent d’en tirer le meilleur parti. « Le publie », écrit avec clairvoyance Ténint « quelquesuns s’en montrent trop dédaigneux. Qu’on le sache bien. Part est fait pour lui et doit être compris par lui ! Ce qu’il

i. Le National, 18 mars 1 838 .

a. Théophile Gautier, A Jehan Duseigneur. Poésies complètes, t. II, p. 162.

3. « Le bourgeois, écrit sèchement Baudelaire Salon de 1 845, p. 3), est fort respectable, car il faut plaire à ceux aux frais de qui l’on veut vivre, n

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