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La folie d'IIaydêe (Salon de 1848) au Musée de Lille

huait, d’ailleurs, à ramener les esprits vers les grandes machines.

A ce penchant déclamatoire, s’était parfois associée une indulgence ou une indifférence pour les moyens picturaux auxquels on ne demandait que l’agrément.

Cette tolérance, le xviii® siècle l’avait largement pratiquée et il l’avait étendue aux toiles de moindre dimension et aux toiles de chevalet. Le Davidisme avait réagi, au nom des règles et de l’idéal, contre ces tendances. Mais, avec le Romantisme, celles-ci avaient reparu, et nous avons déjà vu l, avec quelle désinvolture de petits maîtres enlevaient de délicates et hâtives fantaisies. Il paraît encore vraisemblable qu'un examen superficiel des maîtres espagnols ait paru autoriser une virtuosité expéditive: la facture spontanée et les caractérisations brèves de l’Espagne se confondaient avec des pratiques creuses pour qui n’en pénétrait pas le sens intime.

Si l’on ajoute, enfin, que Muller et Couture se préoccupèrent de retenir le public par le choix de leurs sujets, on aura, si je ne me trompe, réuni quelques-uns des éléments qui intervinrent dans leur art et déterminèrent leur succès.

Avant eux, un de leurs anciens chez Gros, Schopin, exploitant les pires recettes de leur maître, avait conquis la faveur d’un public peu délicat, par des compositions tapageuses et boursouflées traduites aussitôt en estampes au lavis par le talent vulgaire de .Jazet2.

Dans un ordre très supérieur, n’étaient-ce pas aussi des instincts de décorateur qui dictaient à un petit Romantique,

i. Chapitre ni, p. i53.

a. Voir Les derniers moments de la famille Cenei (i835) au Musée de Douai; Un jeune faune jouant avec sa chèvre au Musée de Valenciennes; Hohenlinden ( 1 836) et La prise d' Antioche (1840) à Versailles; Laban recevant Jacob (1848) au Musée de Toulouse. Aux lavis de Jazet il faut joindre les traductions analogues d Hippolyte Garnier.

TENDANCES EPHEMERES OU PERIMEES s5l

Clément Boulanger, les pages cursives que nous avons déjà signalées 1 ?

Yvon, enfin, à ses débuts, manifestait des tendances semblables2.

Couture et son inégal émule, Muller, avaient, à des degrés différents, des qualités analogues et de semblables défauts. Ils étaient, tous deux, habiles ; ils n’avaient, ni l’un ni l’autre, l’instinct ou le sentiment de la perfection. Satisfaits de ce qu’ils avaient fait, n’imaginant rien au delà, ils durent à cette ignorance, une confiance en eux-mêmes, une infatuation que les génies véritables ont toujours ignorées 3.

Ils d essinèrent avec une sûreté très apparente, sans repentirs, sans recherche complexe. Les dessins, les pastels de Couture, enveloppent la forme d’un trait conduit d’un seul jet qui joue à merveille la certitude. Ils eurent l’instinct d’une composition claire, analytique, faisant surgir l’idée sans réticence. Ils furent, ainsi, parfaitement accessibles.

Sur cette trame, ils développèrent la séduction des couleurs. Ils ne cherchèrent ni les harmonies justes, ni les harmonies riches, mais seulement les apparences brillantes. Mais, et c’est par là qu’ils furent, en un certain sens, des novateurs, au lieu de demander aux notes profondes ou

intenses les effets chauds et ambrés que le Romantisme avait affectés, ils firent prédominer les notes claires, lavées ou nacrées. Dans cette voie, ils n’évitèrent ni les chairs plâtreuses, ni les tonalités blafardes. Delacroix leur repro-

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