Voir chapitre ni, p. i54 et chapitre vm, p. 3a
2. Jésus chassant les vendeurs du Temple (Salon de 1 845 ) et La vision de Judas (Salon de 1848) au Musée du Havre.
3. « Muller », écrit Delacroix dans son Journal, le 3 février 1847 Y I P- a45) , « m’a rendu ma visite prestement ; l’aplomb de ce jeune coq est remarquable... Bédouin m’a parlé de 1 extrême confiance en lui-même de Couture. C’est assez le cachet de cette école dans laquelle Muller se confond. »
chait « l’éternel blanc partout et celte lumière qui semblait faite avec de la farine 1 ».
De ces éléments Muller usa sans discernement, il affirma une « incroyable sûreté de métier2 », mais son Héliogabale où il avait représenté l’empereur ivre traîné sur son char par des femmes nues, au milieu d’une foule en délire, donna une impression de vide, de confusion, de clinquant3.
En i843, Arsène Houssaye lui reprochait de « gaspiller un vrai sentiment de la couleur dans des ébauches confuses ' ».
Couture, au contraire, dès son premier Salon, sut doser ses effets avec une parfaite adresse et maîtriser le succès. « Un jeune peintre que nous ne connaissons pas », écrivait Théophile Gautier dans La Presse, le 24 mars 1840, « M. Couture, a exposé sous le titre à’ Orgie vénitienne, un tableau de trois ou quatre figures vues à mi-corps, qui se distingue par une grande élégance de tournure, un coloris léger et brillant, un pinceau libre et facile, c’est du Winterhalter rehaussé d’un peu de Delacroix et de Boulanger. » La définition était jolie, elle pourrait s’appliquer à presque tout l'œuvre de Couture. Gautier était trop artiste pour ne pas sentir le côté factice de l’art de Couture ; s’il penchait vers l’indulgence, ce n’était pas uniquement par tempérament. Il prenait texte de Y Orgie vénitienne pour protester contre les renoncements de l’ingrisme. « Nous signalons », disait-il, « la toile de M. Couture, parce qu’elle marque une tendance à la beauté, à la lumière, à la jeunesse, à l’épanouissement et à la vie ; tendance qu’on ne saurait trop louer dans cette période de compression et de faux ascétisme. »