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Notice sur Girodet dans ses OEuvres complètes, I, xxxix

LE PAYSAGE

sonnages, il introduit, volontiers, des palais, des temples ou des ruines lorsqu’incorporés aux paysages, ces monuments semblent en compléter la signification, et demande aux héros de la fable, de l’histoire ou des Ecritures de souligner ses sentiments1 * 3.

La Villa italienne profilée par Aligny au sommet d’une roche escarpée ( 1 84 1 ) peut être présentée comme témoignage de cette doctrine. Dans l’œuvre de Corot, Agar dans le désert (1 835) et Homère et les Bergers ( 1 845) 3 sont, parmi d’autres, des pages significatives. La première de ces œuvres, surtout, avec ses falaises rocheuses, ses accords solennels, la couleur brune, sèche, le mépris visible de tout agrément, souligne fortement un parti pris.

Constitué en Italie, le paysage néo-classicjue trouve à s’appliquer aux sites de France : Fontainebleau, où Rousseau et Dupré cherchaient à évoquer la variété vibrante de la nature, prend un aspect imposant et grave sous le crayon de Corot. Il y consacre, en 1 83 1 et 1 833 , deux études faites avec une volonté de simplicité et de grandeur.

Pour étroite que puisse paraître la formule néo-classique, elle ne laisse pas de se prêter à traduire des personnalités très différentes. Aligny trouve à y déployer une roideur effroyable. Ses dessins de Grèce et d’Italie, gravés en 1840, sont d’une précision coupante, d’une sécheresse et d’une sûreté métalliques.

Qu’il prenne le pinceau, des indications blafardes [la Mort de Duguesclin), des tons antipathiques et faux marquent non seulement le mépris mais l’inintelligence de la couleur '.

1. Taine a donné une analyse remarquable de ce style dans sa notice sur Edouard Bertin [Livre du centenaire des Débats).

1. La Villa italienne, d’Aligny, au Musée du Louvre, Homère et les bergers, de Corot, au Musée de Saint-Lô.

3. Persécution contre les derniers Druides (Salon de 1 83 1 ) au Musée'de Nîmes, Le Bon Samaritain (Salon de 1 834) «'*'* Musée d’Amiens, Vue prise à Amal/i (Salon de 1 8 3 5 ) au Palais de Fontainebleau, Jésus et les disciples

Les paysages d’Édouard Bertin expriment une âme élevée et rare. Bertin éprouve, devant les sites silencieux et nobles, non pas une émotion, mais une sorte de délectation intellectuelle. Il compose des poèmes parnassiens. Les dessins, qui sont la partie la meilleure de son œuvre, laissent deviner, sous la discrétion de leurs indications rythmiques, l’intensité d’un sentiment qui refuse de se livrer1.

L’atelier d’Ingres donne, on le devine, au paysage néoclassique, un concours précieux. 1 1 ippoly te Flandrin, dans le Christ et les petits enfants ( 1 838) , accorde au paysage une place importante. Ingres, lui-môme, sans composer un seul paysage pur, apporte au paysage la contribution la plus imprévue, la plus raffinée dans celte incomparable vision orientale qui se déroule près de T Odalisque à l'esclave. Il agit par son enseignement et compte, parmi ses disciples préférés, deux paysagistes : Alexandre Dcsgolîe auquel il confie l’exécution des fonds de VAge d’or , tempérament lucide et froid2, et Paul Flandrin, délicat et timide, dont le Poussin sur les bords du Tibre 1 8 43) est un hommage juste et ingénieux à un inspirateur.

Marilhat, (pie nous retrouverons en parlant de l’orientalisme, associe un sentiment puissant de la vie et même de la couleur au sens des grandes lignes, dans ses vues d’Auvergne et dans 1 admirable toile où, en 1 843, il collabora avec Eugène Lami\

d'Emmaûs (1827! au Musée de Besançon, La mort de Duguesclin (Salon de 1 838) au Musée de Caen, Paysage avec figures (i83g) au Musée de Rennes. Vue prise dans nie de Capri (1841) au Musée d’Angers, Hercule terrassant l'hydre de Lerne ( 1 Sia) au Musée de Carcassonne...

1. Intérieur de forêt (Salon de 1 834) au Musée d Amiens, Vue des Apennins (i836) au Musée de Montpellier, Vue d'Aricia (1837) au Musée d Angers, Vue des carrières de la Ccrvara (Salon de 1839) au Musée de Carcassonne, Jésus tenté (1842) au Musée de Bourges, dessins à l’École des Beaux-Arts.

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