Dayot. Les Vernet, p. i34-i
5. Un croquis original de la décoration du Salon du Roi (reproduit dans Y Art, 1878, t. II, p. 266), important à tous égards, porte une série de notes qui montrent les sources où Delacroix s’inspirait : il y évoque les Sybilles de Sainte-Marie-de-la-Paix, de Raphaël, l’ancienne bibliothèque Saint-Marc dans le bâtiment des Nouvelles Procura lies, des bas-reliefs de Naples. N’ayant jamais été en Italie, son admiration se fondait certainement sur des gravures.
6. Mottez copie, en 1887, La toilette de Vénus de Titien, en i838, le Miracle de Saint-Marc de Tinloret.
la découverte des mosaïques chrétiennes et surtout l’enthousiasme pour les Florentins du xive et du xve siècle. Dès 1824, M. Auguste avait parlé à Delacroix « du caractère neuf qu’on pourrait donner aux sujets saints, en s’inspirant des mosaïques du temps de Constantin1 ». Vers 1828, Orsel étudiait les basiliques romaines et II i ppolyte Flandrin, dans le chœur de Saint-Germain-des-Prés, témoigne d’une discipline pareille. Quelques années plus tard, Papety scrutait les peintures byzantines du MontAthos2.
C'est Ingres qui, le premier, avait senti la beauté du Trecento et du Quattrocento. Il communiqua à ses disciples le respect de la basilique d’Assise et de la chapelle des Brancacci et les prépara, par son enseignement et par ses exemples, à comprendre Giotto et Masaccio dès le premier choc. Les lettres d’IIippolyte Flandrin reflètent l’émotion que lui inspirent les vieux maîtres toscans et la prédilection qu’il leur consacre 3. Cette disposition n’est pas uniquement celle des élèves d'Ingres. Orsel et Périn travaillaient, en 1828, au Campo Santo de Pise et Guérin, leur maître, les défendait contre les sarcasmes de leurs camarades 4 5. En 1846 Gustave Planche, dogmatique, proclamera que « pour aborder la peinture murale, il faut avoir vécu familièrement avec les maîtres de l’école italienne, car ces maîtres illustres peuvent seuls initier au vrai style de Part monumental" ». Delacroix, il est vrai, démentait cet axiome; du moins ce n'est pas aux prédécesseurs de Raphaël qu’il s’adressait et, s'il consultait Véronèse, il consultait aussi les Flandres. En 1 8 3 8 , au moment où la Bibliothèque du Palais-Bourbon